P. Lafond, Gaz. des B.-Arts, 1896, t. II, p. /i/jG
f\. Explication des ouvrages de Peinture, Sculpt... exposés au Musée royal. Paris, Bcllart, 1824.
5. Jal, Esquisses et pochades sur le Salon de 182 y : « Vous ne pardonnerez jamais à M. Sigalon les formes horriblement belles de son empoisonneuse, la douleur si vraie de l'esclave sur qui Narcisse essaie la mort j^rcparée pour Britannicus, et surtout cet afTranchi de Néron, honteux de son barbare dévouement, profondément agité à l'aspect de la victime » (p. 3oC)).
l58 LES AUTORITÉS MODERNES DE LA DOCTRINE
avait salué dans la Barque du Dante le (( désespoir de l'Enfer et la hardiesse de Michel-Ange » \ On l'accuse de prendre au maître, non certes sa couleur, mais son dessin fier, sa recherche du mouvement, l'énergie de son modelé. Luimême consacre à Michel- Ange, dans la Revue de Paris (i83o), deux longues études^ : on voit qu'il a passionnément pratiqué ce (( sauvage génie », avec lequel il se trouve plus d'affinités qu'il n'en a réellement. Il le romantise à plaisir ; comme pour lui-même (sans se mettre en avant), pour Michel-Ange travailler c'est monter sur le trépied, suer, avoir la fièvre, être la proie du démon avec qui on vit ^ Incorrections, bizarreries, exagérations? tant mieux : c'est là qu'est le génie ; tant pis pour les impuissants qui ne connaissent que (( compas et règle » \ Nul doute d'ailleurs que, pour écrire sa fervente apologie, Delacroix n'ait lu l'article méthodique et froid du Secrétaire perpétuel dans la « Biographie universelle », et aussi ses œuvres de « technesthétique » comme dit Quérard : du temps de Michel-Ange (( comme de nos jours, écrit-il, il y avait une foule de gens préoccupés de théorie et construisant sur les arts force systèmes, sans rien faire produire à l'art lui-même »\ Heureusement Michel-Ange, non plus que Delacroix, n'en avait cure.
Chaque Salon apporte au grand florentin un nouvel hommage, et une nouvelle tristesse à l'Académisme. A l'exemple du peintre du Jugement Dernier et du statuaire qui rêvait de sculpter des promontoires, la recherche du drame et le goût des anatomies colossales gagne même les classiques : le