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MICHEL-ANGE IÔQ
Diomède de Gros, l'Hercule de Couder, le Vulcain de Heim, le Metabus de Coignet, le Philoclète de Debay sont dans (( le goût gigantesque de Buonarotti » \ Jouy et Jay, Landon, le constatent ou s'en plaignent. Le Moniteur^ au contraire reproche au Cadmas combattant le dragon, de Dupaty, et au Thésée tuant le niinotaare, de Ramey fils, que Ton vient de placer aux Tuileries, de ne pas déployer assez d'énergie musculaire : le beau idéal des anciens et de Raphaël est mort ; il faut aujourd'hui de l'effort physique, même chez les héros de la mythologie. Les pensionnaires de l'Académie de Rome prodiguent les raccourcis ^ ; l'Académie des Beaux-Arts, dans les rapports que le Secrétaire perpétuel fond ensemble et contresigne, se fâche : en i833, elle arrête que la saillie des bas-reliefs sera déterminée chaque année par la section de sculpture'; en i835 elle ne décerne pas le premier prix, parce que les huit concurrents ont volontairement dépassé un mètre de hauteur pour la figure de ronde bosse, la Mort d'Ajax^. Chez ces jeunes gens qui vivent ou se préparent à vivre à l'ombre du Vatican, près de la Sixtine, c'est une règle d'iconographie, d'ailleurs traditionnelle dans l'art classique, que le colossal est la dimension naturelle, par conséquent obligatoire, de l'héroïsme antique ou moderne, fabuleux ou historique, et de la sublimité.
Gomme les dimensions, le goût s'égare. Le Romantisme, on le sait, est la revanche, et l'empiétement, de la peinture sur la sculpture : avec les bas-reliefs de Triqueti et d' Antonin Moine, qui tous deux ont manié le pinceau avant l'ébauchoir, la sculpture redevient pittoresque, le bas-relief se fond en tableau*^. G'est le vice contre lequel Quatremère avait
1. Jouy et Jay, Salon d'Horace Veriiet, début, et L. Roscnthal, La Peinture romantique, p. 361.