II
l8 LES SOURCES ANTIQUES DE LA DOCTRINE
attique du v*' siècle. Si la sculpture gréco-romaine leur recommandait le pur idéal, les marbres elginiens leur prouvent que l'idéal n'est que le réel (( vu de haut et en grand ». Les Lettres ne sont pas une palinodie, mais une détente.
C'est sur le naturalisme de Phidias qu'il insiste d'abord. Là était la nouveauté, pour lui, pour nos sculpteurs de l'Empire, qui croyaient, avec Winckelmann, que la beauté est dans l'élimination des détails \ C'est chez les sculpteurs archaïques que l'anatomie est simple, le modelé sommaire ; les figures, (( comme les enfants dans la nature, ont un air uniforme de ressemblance..., un style raide, méthodique et peu expressif ^ )) . Quatremère, heureux d'opposer Phidias aux artistes archaïsants, aux successeurs de Maurice Quay, à Motte, à Broc-Granger, à Ingres lui-même, qui, dans l'atelier même de David, se piquaient naguère de n'admirer (( que les plus anciennes statues grecques », ne pardonne pas à Winckelmann de l'avoir confondu parmi les vieux sculpteurs dans le style sublime, héroïque, mais « austère et anguleux ^ ». Phidias barbare et sans grâce ! Son art, au contraire, a été précédé « de trois siècles au moins d'un exercice continu de tous les arts », et l'intervalle qui le sépare des premières écoles (( il l'a franchi tout d'un saut * ». Il est le naturel sans raideur.
Par ce naturel aisé, il s'offre en leçon aux admirateurs du gréco-romain aussi bien qu'aux archaïsants ; Phidias est aussi loin de ceux que nous appellerions les bolonais de la sculpture que de ses primitifs. Ici encore Winckelmann ' s'est trompé en attribuant seulement à l'époque de Praxitèle le sens de la chair, la vie du nu et des draperies. En de fins aperçus Quatremère convainc ^ ici de j^arti pris, au nom des marbres du Parthénon, l'élégance glacée de l'Apollon,