‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 39 sur 163 · II · texte numérisé non relu

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3/i LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE l'aRT

toire dans un tableau, et un seul point de vue dans un site. Si la nature « complexe et universelle a des secrets pour sauver toutes les discordances et des harmonies pour tous les contrastes », la loi d'unité imitative interdit au bas-relief les effets de lointain..., c'est-à-dire la perspective pittoresque qui prolonge les impressions jusqu'à lindéfîni, et à la peinture la multiplicité des sujets sur une même toile. La (( polygrapliie )) des tableaux des primitifs est de la barbarie \ Tout au plus les divers arts peuvent-ils collaborer entre eux, chaque art restant soi-même dans la collaboration. Il est certain que la peinture, la sculpture, l'architecture ont le droit de concourir dans une galerie à l'ensemble de la décoration, comme à Fontainebleau ou à Versailles : au plaisir que donne chaque art se joint celui de leur accord. Cependant remarquons que chacun, loin de renforcer dans cette alliance sa propre vertu, en perd une partie. (( Toute société impose à qui contribue pour son contingent la condition de ne retirer qu'une partie du profit. » Mais si Quatremère accepte ou tolère le mariage, il dénonce « l'adultère ».

Or dans l'art contemporain c'est là qu'est le vice. On s'efforce aujourd'hui d'augmenter la vérité imitative de chaque art en empruntant aux autres un surcroît de ressemblance. On abuse de leur prétendue communauté ^ : la poésie dite romantique, rivalisant avec le crayon ou la peinture, multiplie les traits, la variété des teintes, et décrit successivement, par parties, ce qui dans la réalité et sous le pinceau s'offre comme un tout. Mais elle a beau faire : elle ne donne que de faibles équivalents des objets sensibles ; le poème de Virgile ne produira jamais le même effet de douleur physique que le Laocoon. La peinture et la sculpture, de leur côté, ont tort de chercher à représenter ce qui n'a d'intérêt dramatique que dans le fieri : la Mort de Germanicus, du Poussin, ne vaut pas la page correspondante de Tacite ; Falconet s'est fourvoyé en cherchant à traduire dans le marbre blanc

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