Salon de 182J, p
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(( peintre. » Victor Hugo lui-même constate en triomphant que de toutes parts l'œuvre s'agrandit^ » ; pendant que Th. Gautier trempe dans la même esthétique sa plume et son pinceau, parle Shakespeare dans les ateliers et broie des couleurs dans sa poésie, Heim se dispose à réunir dans son fameux tableau de là Distribution des récompenses aa Salon de 182^, qui est le plus curieux document sur l'état des esprits entre cette date et 1827, Charles Nodier, Gros, Schnetz et Paul Delaroche, en présence de Quatremère à la mine chagrine^.
Voilà pourquoi 1' « Imitation » contient une critique, et même une parodie, du romantisme littéraire. Cette même année (i823) Quatremère est nommé censeur royal des théâtres de Paris : « fonctions pénibles » dit un biographe, et dont il se démet presque aussitôt. Il compte aux yeux des contemporains parmi ceux qui ont victorieusement démasqué la Poétique nouvelle : « un savant distingué, M. Quatremère de Quincy, nous parait être le seul qui ait jeté quelques clartés au milieu de tant d'épais nuages... Il a fait aux romantiques une plaie sensible : la cicatrice sera profonde et durable ^ » .
C'est que, pour Quatremère, il y a entre écrivains et artistes romantiques plus que communauté de principes : influence ïéciproque, perpétuels échanges. Confondre le génie de la poésie et celui des arts plastiques, s'autoriser du fameux (( ut pictura poesis » d'Horace pour faire des récits en peinture et pour peindre en poésie, presque tout le mal est là. Il a passé sa vie à le dénoncer. Le mal était déjà grave au xviii* siècle', alors que Pigalle sculptait dans le mausolée du maréchal de Saxe le « descendre au tombeau » du langage courant. Quatremère n'a cessé de mettre en garde la sculpture funéraire contre cette tendance, aussi vieille que le Bernin,
T. Orientales, 1829, note i.
2. Salon de 182J (Louvre). Cf. sur ce tableau, qui est un document historique, Jal, op. cit., p. 5o6, et Gaz. des Beaux-Arts, 3« série, t. XVI.