‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 58 sur 163 · Moniteur, 28 nov · texte numérisé non relu

Moniteur, 28 nov

4. Cf. Rocheblavc, Cayliis, p. 287 ; Chronique des Arts, igoS, p. 182 : « Un débat entre les peintres et les poètes au début du xviiic siècle. »

à traduire plastiquement les prosopopées funèbres sorties de l'imagination dessermonnaires^ L'empiétement sur la poésie amène Laurent à peindre, d'après l'odelette d'Anacréon, qui n'est qu'nne fiction littéraire, l'Amour posé comme l'abeille dans le calice d'une rose^.

Mais le mal est plus grave encore que ces allégories figées dans la pierre ou le marbre. On invoque, sans le comprendre, l'exemple de l'art antique, qui emprunte à Homère la plupart de ses sujets; Winckelmann dans ses Monamenti ineditP, Spence dans son Poly métis, Caylus dans son Histoire d'Hercule le Ihehaia' et dans ses Tableaux tirés de l'Iliade, de rOdyssée et de F Enéide^, prétendent que jamais chez les anciens le poète ne cesse d'avoir sous les yeux l'œuvre du peintre ou du sculpteur, ni ceux-ci de dessiner sous la dictée du poète. Le laconisme, le syntbétisme du style dans l'art antique pouvait lui permettre de s'inspirer des récits du poète : il suggérait, à force de concentration, tout ce que celui-ci avait conté. Mais aujourd'hui .^^ Quel péril si le peintre, le sculpteur, forcent la matière immobile de leur art à exprimer ce qui est successif dans la réalité, et si le poète de son côlé se met à décrire partie par partie ce qui dans le réel se présente comme lié et organisé.^^ Contournement des formes, surcharge etinquiélude de la composition dans les arts, d'autre part style descriptif, c'est-à-dire pittoresque et sensuel, en poésie, voilà dès le xviii" siècle^ la double confusion dont le romantisme va faire presque un système.

1. \J Imitât., p. 338-3/ji. « Pour bien faire comprendre combien sont fréquentes clans les arts du dessin ces sortes de méprises, il ne faut que se rappeler ici toutes les compositions de mausolées, 011, empruntant au poète ou à l'orateur ces métaphores, ces prosopopées qui réveillent et font sortir les morts du tombeau, et une multitude de locutions qui personnifient le trépas ou son action destructive, l'artiste s'est permis de mettre sous les yeux de hideuses allégories qui, en révoltant les sens, ont fermé à ces images, désenchantées par la réalité, le chemin du cœur et de l'imagination. »

2. Salon de l'an XII. Cf. la Décade, an XIII, t. 43, et 1806, t. 5i, p. io3. 3 Rome, 1 767-1 768, 2 vol. in-f*^.

[\. Paris, 1768, in-80.

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