‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 59 sur 163 · Paris, 1757, in-S · texte numérisé non relu

Paris, 1757, in-S

6. Cf. Gh. Batteux, Les beaax-arts réduits à un même principe, 17/^6.

Quatremère l'a prévu. Après Du Bos \ après Lessing^ surtout, il s'efforce de fairf. rentrer chacun chez soi : en i8o3 il donne au Moniteur ^ le curieux article sur « le Laocoon ou les limites respectives de la Poésie et de la Peinture )), traduit de l'allemand par Gh. Yanderbourg, et, l'année suivante, communique à la classe des Beaux-Arts de l'Institut la (( Dissertation sur la diversité du génie et des moyens poétiques des différents arts )). Il s'élève avec tant de force contre l'abus de la sensation en poésie, contre l'expression exagérée du mouvement et la multiplicité des circonstances en peinture et en sculpture, que la classe l'invite à lire son mémoire en séance publique '' : celui-ci prend la valeur d'un manifeste ; la Décade ^ l'analyse, le Moniteur ^ et les Archives littéraires^ l'insèrent; Lebreton ^ secrétaire perpétuel de la classe, Paillot de Montabert% Droz, lui en empruntent la substance ^\

Sous la Restauration le mal empire : le « ut pictura poesis avait cours dans la nouvelle école, dit Théophile Gauthier" ; et certes le talent de tous gagna à cette familiarité des deux arts». (( Les artistes lisaient les poètes et les poètes visitaient les artistes. On trouvait Shakespeare, Dante, Gœthe, Byron et Walter Scott dans l'atelier comme dans le cabinet d'étude ^^)). Delacroix leur emprunte à tous des inspirations, Boulanger prend à la poésie son Mazeppa, son Triomphe de Pétrarque, son Renaud dans les jardins d'Armide. De là une

1. Réflexions critiques sur la Poésie et la Peinture, 1719, 2 vol. in-ia, 1782 et 17/I0.

2. Le Laocoon, ueber die Grenzen der Malerei und Poésie, 1766.

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