Macjaz. pittoresq., i833, p
pittoresque: de même que Pigalle sculptera les conceptions du peintre Cochin, Michel Ange a sculpté selon les traditions vicieuses des Bolonais et du Bernin ; de là l'excès de pathétique, le geste contourné, l'eiïet de clair-obscur par l'excès des saillies et des creux, et l'abus des draperies sans cause'.
Il est aisé de deviner la place que l'esthétique de Quatremère fait au dessin et à la couleur. Comme au début du xviii*' siècle entre Rubénistes et Poussinistes, le débat en 1828, date de 1' « Imitation », est entre davidiens et partisans des flamands, des vénitiens et anglais. A propos du Salon de 1822 Delécluze se lamente dans le Moniteur sur l'influence des écoles étrangères qui fait oublier la forme pour la couleur ^ Le Salon de 182 4 consacre le triomphe de celle-ci ; devant le Massacre de Scio, Delécluze s'écrie : « ne parlons pas de formes ! », et à propos du Gaston de Foix d'Ary Scheffer : (( trop de coloris!^ » Les Anglais, Lawrence, Constable, Gopley-Fielding, Harding, John Varley, Bonington, mettent du (( lazzi » à la place de la ligne et «pochent » la toile. Par crainte du style, on affiche le mépris des proportions, des os, des attaches et delà configuration des muscles. Jal luimême pousse le cri d'alarme'.
Quatremère, gardien du classicisme, l'avait poussé avant lui : Certes, il est trop artiste pour n'aimer point la couleur, les fanfares de Rubens, le iTioelleux du Corrège, et l'ardeur des Vénitiens. Mais ces qualités sont chez eux des grâces d'état: il faut les leur laisser. Du reste, les classiques aujourd'hui ne sont pas à plaindre : ils revendiquent (( le pinceau brillant » de Regnault (celui-là même que son fini méthodique fit surnommer le Père La Rotule), « l'exécution large et facile » de Meynier, le (( coloris vigoureux » de Gérard! Mais qu'on ne s'y trompe pas : Gros est « dessina-
1. Michel AïKje, i835, passim. C'est exactement Je reproche que lui adresse le sculpteur classique Guillaume, tout imprégné de l'esprit "de Quatremère (^Etudes d'art anliq. et inod. Paris, 1888, p. 94)-