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66 LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE l'aRT
teur )) en mcme temps que coloriste, le pinceau de Regnault est aussi a sage » que brillant, et l'exécution de Meynier aussi soignée que large ' . Le coloris que Quatremère demande avec toute l'Ecole, c'est le fondu, le glacé ^ : miroir oii la lumière coule et se perd, oii le modelé se fond comme sucre; quel qu'il soit du reste, il lui faut se tenir strictement dans la ligne qui le circonscrit; le principe du modelé dans l'Ecole classique, c'est ce par quoi il devrait naturellement finir : la périphérie. Enfin, pour Quatremère, pour Delécluze, pour tous les néo-antiques, l'alliance du « dessin le plus correct et du coloris le plus harmonieux est chose impossible », impossible aussi la même habileté dans le maniement du crayon, instrument dur, et du pinceau moelleux. Il faut choisir ^
La préférence de Quatremère nous éclaire une fois de plus sur celle des classiques. Winckelmann avait dit : (c La peinture des anciens fut et resta toujours linéaire; même quand on termina les figures avec leurs couleurs naturelles, on traçait les contours avec le pinceau' ». Et ailleurs : « La couleur contribue à la beauté, mais elle ne la constitue pas^ ». Héritier dans une certaine mesure de Winckelmann, formé par la discipline gréco-latine telle que l'avait reprise l'Italie de 1776-178/i où il a séjourné, enfin parles antiques réunis au Louvre sous l'Empire, Quatremère maintient fermement dans l'Ecole « la fermeté du principe élémentaire : le dessin^ ». Et il entend par là, non seulement l'anatomie, la structure ostéologique et myologique, c'est-à-dire (( la raison intérieure des formes », mais encore la « délinéation des
1. Notices Idstoriques sur Regnault et Mcynicr. Notice sur Gros (i836).
2. Voir les Rapports sur les envois des pensionnaires de Rome de 18 16 à i83o. Cf. la lettre d'un élève de Hersent: « Les romantiques empâtent extraordinairement, et ne fondent pas leurs teintes ; ils crachent la couleur, on s'écorcherait la main si on la promenait sur leur toile » (^Lettres inédites de G. Lefrançois, avril 18^9, aux Arcli. du Calvados).
3. Dissertât, sur le défi d'Apellc et Protogène (^Méin. de VAcad. des Inscr., nouv. série, t. V, p. 33o; Raphaël, édit. i835, p. 389). — L'Ecole est du même avis, cf. le Moniteur, i823, 3 mai, p. 674.