L'Idéal, Avant-Propos, p
CONSÉQUENCES ET APPLICATIONS DE LA DOCTRINE y.S
entre les parties, non pénétration ; entre le monde extérieur et celui de la conscience, pas de pénétration non plus, mais simple contact. L'univers apparaît ainsi comme un immense cloisonnement, et l'art comme une perpétuelle délinéation.
Considérée dans son ensemble la doctrine présente un double caractère : d'abord sa logique serrée, qui lie fortement prémisses et déductions. Lestliétique est nécessaire aux artistes pour trouver le beau ; métapliysique en ses principes, elle dicte les mêmes lois aux formes littéraires comme aux formes plastiques du beau ; mais la communauté des principes ne doit pas abuser sur la nette séparation des genres et des arts; les arts de la ligne sont les maîtres, car la ligne est génératrice de la forme (c'est un des postulats du classicisme), l'arabesque même par oia s'expriment l'idée et le sentiment.
Le second trait saisissant, que Quatremère lui-même fait ressortir, c'est le souci de l'indépendance, de la liberté. Liberté de l'art à l'égard du réel. Le romantisme n'est qu'un esclavage, une copie, une « singerie^ ». Quatremère, fait curieux, y voit un pur réalisme : c'est une erreur que les romantiques, en quelque mesure inconscients de leur propre idéal, ont propagée. Il ne discerne pas ce qu'il a de subjectif dans la conception des sujets, de la couleur locale, et de lyrisme ou de fantaisie personnelle dans l'exécution. Puis, liberté ou autonomie mutuelle de la peinture et de la poésie (au sens général du mot), liberté et autonomie mutuelle de la peinture et de la sculpture. Il est piquant que les deux écoles se réclament toutes les deux de la liberté ; mais le fait est surtout piquant de la part des classiques : pour Quatremère, la tyrannie, c'est l école du modèle puis delà nature, et le révolutionnaire c'est lui-même, béraut de l'idéal. Qu'on ne lui objecte pas les règles ou les conventions : elles sont l'expression stricte et l'instrument de l'indépendance de 1 artiste à l'égard de l'univers qui cherche à le dominer. Vous êtes esclave des règles, disent les romantiques, et nous sommes