Catalogue, n^^ io-i
86 LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE l'aRT
nal (1772) ^ S'il lui reproche de « se traîner sur les routes multipliées de l'analyse^ », il lui prend son idée que l'art n'est prospère que s'il est lié aux besoins de l'esprit public et de la société : infaillible moyen de l'enchaîner à l'idéalisme. C'est Mengs ^ qu'il a connu en Italie dei776ài779:il dépouille avec soin, pour son Raphaël qï son Michel Ange, l'œuvre de cet idéaliste forcené, qui trouve le premier commun et le second brutal. C'est Milizia '' , démarcation italienne des principes de Sulzer et de Mengs. C'est le Hollandais Hemsterhuys, (( critique aussi spirituel que judicieux », platonicien, partisan du costume héroïque et du nu ^
Mais c'est surtout Lessing et Winckelmann. Il a voulu être le vulgarisateur en France de l'esthétique de Lessing, en l'adaptant aux besoins de l'art français. En i8o3 il patrone, dans le Moniteur ^ la traduction française que son ami Charles Van der Bourg donne du Laocoon (1763) : son article apologétique fait de Lessing le type du (( génie de la Littérature allemande », et du Laocoon le plus bel ouvrage qu'elle ait produit : « Rien de plus fin et de plus judicieux que toute cette critique » oii (( la grâce et l'élégance » démentent le grief de pédantisme que les Français sont enclins à répéter contre les Allemands. Quatremère a une vraie passion pour cet ouvrage, qui a été, un peu grâce à lui, un des oracles de la critique et de l'esthétique ^ de i8o3 à i83o. Il ne veut même devoir qu'à Lessing ce que Lessing luimême a pris à Du Bos, et s'assimile, dans les Archives littéraires (i8o5), dans les Réflexions sur les Mausolées (1806), dans V Imitation (i823), dans ses Discours d'Académie, dans