‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 85 sur 163 · prairial an XL · texte numérisé non relu

prairial an XL

7. Voir l'admiration et les emprunts de Guizot dans le Salon de 1810, p. 24 11 sq.

V Idéal (1887) la substance de la doctrine qui lui paraît le plus sûr remède contre les égarements où l'art du xviii* siècle est tombe. Le Traité « Des images de la Mort chez les anciens » ' (1770) lui fournit sa critique des représentations macabres sculptées sur les tombeaux par le Bernin, par Pigalle, par Slodtz, par Roupillac ^ ; les anciens n'ont pas représenté la mort sous cet aspect effrayant, surtout sous l'aspect du squelette, plus familier au christianisme, lequel n'est pas pour l'art une source d'heureuses inspirations. Ici Lessing et Quatremère partagent, non seulement la répugnance, mais encore une double erreur. L'antiquité a connu le squelette ; mais nos deux esthéticiens ignoraient les œuvres qu'il décore, comme la danse qui tourne autour de la tasse de Bosco Reale ou la mosaïque de la Via Appia ; d'autre part l'art chrétien n a figuré le cadavre ou le squelette qu'à la fin du xiv'' siècle ; jusque-là sa pudeur à l'égard de la mort égale l'euphémisme de l'art grec à la belle époque \ Le Laocoon fournit à Quatremère son apologie de la nudité ^, qui seule révèle la beauté du corps humain organisé, et surtout la critique féconde des « usurpations » réciproques de la poésie et de la peinture, usurpation qui fait de l'une un tableau parlant et de l'autre une poésie muette ; l'art qui met en scène une action qui progresse cherche ainsi à se confondre avec celui qui offre aux yeux un état permanent et des attitudes fixes. Ni Gaylus ni Winckelmann, qui voulaient mettre Homère en peinture, n'ont discerné ce danger. Après Lessing, Quatremère le dénonce, mais en faisant entrer le principe de la séparation de la peinture et de la poésie dans l'ensemble d'un système fortement construit ^

Il doit plus encore à Winckelmann sans cesser d'être origi-

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