Cf. le chap. précédent
5. Monuments inédits, traité préliminaire, traduct. Desodoards, 1808, t. I, p. 60.
belles parties de dilFérents individus », ne saurait être (( une perception métaphysique^ ».
Il reste que l'art classique de l'Empire et de la Restauration se modèle sur l'esthétique allemande et que Quatremère emprunte à celle-ci, môme quand il la corrige, ses plus fortes autorités. Ce germanisme est fort habile en présence des romantiques, qui prétendaient puiser les leurs « en Angleterre et surtout en Allemagne^ » : il faut essayer de prouver que la beauté classique est, elle aussi, une conception septentrionale et germanique. C'est pourquoi Quatremère profite avec une admirable opportunité du double mouvement qui , de 1 800 à i83o, entraîne l'attention des écrivains, des critiques, des esthéticiens et des artistes vers les pays d'Outre-llhin \ Sans doute Winckelmann et Mengs sont des allemands italianisés ; les Italiens revendiquent même Winckelmann comme un des leurs \ Mais Heyne, Lessing sont de purs allemands, et c'est par eux que Quatremère corrige les premiers. Heyne d'ailleurs revendique énergiquement Winckelmann pour l'Allemagne : c'est un concitoyen que le « climat d'Italie » a parfois égaré '. En somme, du génie allemand Quatremère s'assimile l'esprit érudit et métaphysique, l'idéalisme ^ le principe de la distinction des facultés, sur lequel repose la théorie de l'irréductible distinction des arts : cette théorie, sur laquelle il a longuement insisté, est fondamentale dans le classicisme. Il a donc, d'intention et de fait, remplacé Winckelmann ; et même, après Lessing\ il a été, surtout à partir de i8i5, le