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O süs-ser, o freundli-cher, (0) MURS Herr Je-su Chris - te 1
Ë = re = en
i - ta de - si - de-rat, de - si - de - rat ad te, de-si-de-rat, de -
si-de-rat ad te a - ni= ma me -a ?
Dans la troisième messe du recueil qu’Andreas Hammerschmidt publia en 1668, un motif chromatique ascendant est joint à ces paroles: «Suscipe deprecationem nostram» (A). Dans la dixième messe, le même thème, plus rigoureusement formé, est chanté sur les mots « Miserere nobis» (B).
1 Kleine geistliche Concerte. Erster Theil (1636), n° 4. (Vol. VI de l’édition Spitta.)
? Kleine geistliche Concerte. Zweiter Theil (1639), n° 30 (Même volume de lédition moderne).
SE SERRES ne
sus-ci-pe de-pre-ca - ti = o-nem no = stram. Mi-se-re-re, mi-se-
re-re, mi-se - re-re Rd
Samuel Bockshorn (Capricornus) formule de même le miserere nobis, dans l’Agnus de la première messe de son Opus aureum, édité en 1670 (A). Dans la seconde partie de son Zheatrum musicum, parue l’année précédente, il ordonne une pareille suite de demi-tons sur les mots: «Spero in Deum meum» (B).
he D | mi-se-re -re, mi-se--re-re, mi-se-re-re no--- bis ? A CE Noa 0 ee eee:
a ro in De - um, De - - um me - - um 8
Comme ces compositeurs, Bach reconnaît bien souvent une valeur déterminée au motif chromatique ascendant. Une habitude de son esprit, que nous avons déjà pu observer, semble encore se révéler ici. Nous avons remarqué plus haut que, pour lui, la direction de la mélodie vers le registre grave de la voix s’accorde bien souvent avec des idées de faiblesse, de dépression, de chute, de tombeau, de nuit. Les chants qui tendent vers les notes élevées lui servent au con-
1 Andreae Hammerschmidii Missae V, VI, VII, VII, IX, X, XI, XIL et piurium vocum, tam vivae voci quam instrumentis vartis accommodatae, Dresdae,
2 Opus aureum missarum quae ad sex, decem et duodecim tonos redactae, cum Basso ad Organum, nunc prima editione prodierunt, per Samuelem Capricornum, Serenissimi Ducis Wurtemberg Chori musici directorem. Francofurti,
8 Continuatio T'heatri musici, seu sacrarum cantionum pars Secunda, quas aperuit Samuel Capricornus... Herbipoli... 1660.
traire à désigner des idées heureuses, et correspondent à des textes qui parlent de force, de joie, de lumière. S'il combine ces données élémentaires de son langage musical avec les suites chromatiques qui évoquent constamment l’idée de douleur, il en résulte que ce concept immuable subit cependant des interprétations diverses, .et passe par des modalités opposées. Il obtient ainsi des symboles réciproques. Le motif de la douleur irrémédiable devient, par inver- ‘sion, le thème de la douleur qui sera consolée; au lieu de dépeindre l’affaissement dans le mal, ia mélodie symbolise la rédemption, l'ascension ardue vers le bien.
Les témoignages de cette symétrie dans l’expression sont précis et assez abondants. Quand il est dit, dans la cantate Aus der Tiefe, composée en 1707, que «le Seigneur rachètera Israël de tous ses péchés», Bach exprime cette idée d’affranchissement et de purification au moyen du motif chromatique ascendant (A). Dans la cantate Gotlob, nun £geht das Jahr zu Ende, écrite entre 1723 et 1727, d’après Ph. Spitta, quand il compose sur ces mots: «Le Seigneur t'a pardonné ta faute» (B), il traduit de même l’idée de rémission.
aus al - len seinen Sün-- -- den 1 bat dir dein Sünd verge-ben ?
Il use encore de ce procédé pour interpréter la fin de cette phrase, dans la cantate Gelobet seist du, Jesu Christ: «Le fils de Dieu vient vers toi, pour te conduire jusqu’à son trône, en traversant cette vallée de larmes» (A).
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1 B. G. 131 (XX VIII, p. 25).
$ B. G. or (XXII, p. 25).
Ce dernier exemple contient une amplification évidente d’un passage analogue de Schütz, accompagnant un verset de psaume où est énoncée la même idée de marcher dans la vallée de larmes, en ayant le ciel pour butt,
Bach retrouve également les accents de Heinrich Schütz et de ses contemporains pour dire les peines de l’âme en proie au désir. Comme eux, il module sa plainte degré par degré. Elle s’élève à chaque demi-ton pius déchirante et plus instante. Le souvenir inconscient de quelqu’une de leur œuvres, dont son imagination s'était nourrie, survit peut-être dans la musique associée par lui à ces mots, «selon tes vœux», dans un air d’alto de la cantate Vimm, was dein 1st, air qui commence ainsi: «Ne murmure pas, à cher chrétien, si quelque chose n'arrive pas selon tes vœux ».
wenn was nicht nach Wunsch, nicht nach Wunsch ge - - schicht ?
Une suite chromatique ascendante est jointe de même aux paroles «avec désir», dans l’air de basse de la cantate Ich gek und suche mit Verlangen.
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Ce thème du désir impatient se développe encore au cours d’un air de la cantate Goff fähret auf mit Jauchzen, écrite, selon Spitta, pour la fête de l’Ascension de l’année 1735‘, quand l’alto chante: «Je regarde vers lui avec un ardent désir» (A).
1 Dans le psaume 84 (Sämmiliche Werke, vol. VIII, p. 112). 2 B, G. 144 (XXX, p. 83).
SUJRS Bach (ll p-1550);
La partie de basse d’un choral à quatre voix, par lequel se termine la cantate Æerr Christ, der ein'ge Gottessohn, écrite entré 1735 et 1744, comprend aussi le motif chromatique ascendant, quand les paroles expriment l'intention de tourner vers le Seigneur l’âme, tous ses désirs et ses pensées (B).
À SSD DR == Rp = und écha’ LE - sehn - - ich nach 1 den Sinn und all Be - gehr - den ?
? B. G. 96 (vol. XXII).