N D: EE
Lasst uns jauch — zen 1 Jauch — — zet, jauch — — et,
Ce motif rythmique paraît encore dans les vocalises de jubilation jointes aux paroles: «Je veux me réjouir (A)...
Un paradis plein de joie» (B).
À Ténor
Etre =
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— den - him - mel 5
1 Cantate Herr Goti, dich loben wir (B. G. 16, I, p. 18).
? Cantate pour l'élection du conseil à Leipzig (B. G 120, XXIV, p. 265). 5 Cantate Geist und Seele wird verwirret (B. G. 35, VII, p- 198)
“ Cantate Wir müssen durch viel Trübsal (B. G. 146, XXX, p. 150).
5 Cantate Ach Golit, wie manches Herzeleid’ (B. G. 3, I, p. 8).
Le même mouvement bondissant donne l'impulsion à l'essor progressif de la grande tirade qui se déroule sur le mot Freude (joie), dans le premier récit de basse de la cantate Wachet, betet (A), Le mot erfreulich, dans le duo de la cantate Jesu, der du meine Seele, est cadencé de semblable manière (B).
— — — — def er-freu — — — — — lch?
La même alliance de notes de valeur brève et le même élan se trouvent encore dans les passages où Bach veut faire éprouver des sentiments de consolation, de bénédiction, de bonheur revenu: « Apaisez-vous...…. Ibenit. Le Maintenant mon cœur est content».
Ténor : Soprano
Er - ho - - - let euch, er - ho - - let euch à. Er sg, — — —. —
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nel +# Nun ver -gnü-get sich mein Herz 5
1 B. G. 70 (XVI, p.344).
è B. G. 78 (XVIII, p. 273).
8 Cantate Zhr werdet weinen und heulen (B. G. 103, XXIII, p. 89).
+ Cantate de mariage Der Herr denket an uns (B. G. XIIL4, p. 80).
5 Cantate Liebster Jesu, mein Verlangen (B. G. 32, VII, p. 78). Bach rythme de même le motif joint aux mots: «Je fais de bon gré ta volonté»
Bach associe volontiers un motif rythmique ainsi terminé par des notes accélérées aux paroles qui éveillent une idée de béatitude souriante, aux mots d’accueil, de félicitation, de tendresse; il l’écrit pour traduire ces exclamations qui semblent jaillir d’un cœur épanoui: «Jour heureux..... ville fortunée..... peuple aimé... ô, bienheureux, celui qui apercoit Jésus dans l’Écriture..... bonheur à nous... bonheur à toi...,.-0 Jésus ‘tant -aimé::..-doux nom de Jésus 2 la bénédiction..... un rayon de joie..... la lumière de la grâce... mon: médecin." un soulagement pour les cœurs.....»
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(Cantate Himmelskônig, sei willkommen, B. G. 182]. Remarquons que cette œuvre remonte probablement aux années 1714-1712: — On peut observer des motifs d’une constitution rythmique analogue, et de même intention, dans les œuvres de Michael Altenburg (1584-1640), citées par M. L. Meinecke (Sammelbände der Internationalen Musikgesellschaft, V, p. 23), chez J. W. Franck (ms. de la bibliothèque de Wolfenbüttel, 204, folio 28b), et chez J. Pachelbel, dans le motet à deux chœurs 7rôste uns (p. 05 du «1°r vol. de la 6e année des Denkmaäler der Tonkunst in Bayern).
1 Cantate Chrisien, äâtzet diesen Tag (B. G. 63, XVI, p. 73).
? Cantate pour l'élection du conseil à Leipzig, Preise, Jerusalem, den Herrn (B. G. 119, XXIV, p. 216 et p.223). Cette œuvre fut donnée en 1722.
* Cantate Aerg're dich, o Seele, nicht (B. G. 186, XXX VII, p. 131).
# Cantate Half im Gedächtniss Jesum Christ (B. G. 67, XVI, p. 236).
5 Cantate Preise, Jerusalem, den Herrn (B. G. 119, XXIV, p. 217). |
6 Cantate Liebster Jesu, mein Verlangen (B. G. 32, VII, p. 56).
7 Cantate Wer mich liebet (première version, B. G. 54, XII?, p. 163).
- di-cher = - - - 1 Du sûs - - ser Je-sus-Na-me, du ?
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sein Gna - den-licht 5 du, mein Arzt 6 Labsal 7
Cés courtes formules ont l’aménité charmante, l'élan d’un geste de bienvenue, à la fois souple et empressé. Elles se déploient avec aisance, et bientôt s’évanouissent. La grâce en semble toute spontanée, car elles ne se répètent point, ou à peine, La moindre insistance les alourdirait et les fausserait. Bach leur a laissé le naturel de ce premier mouvement inconscient que l’on fait à la rencontre d’un ami, et qui ne saurait être reproduit sans paraître guindé, contraint, et d’une cordialité feinte.
Au contraire, la continuité et l'abondance caractérisent les rythmes par lesquels Bach veut manifester la vigoureuse persévérance des efforts librement prolongés, l’état de joie, aussi bien que les mouvements rapides qui se poursuivent sans interruption. L'idée d’une course régulière et légère ou d’un courant que nul obstacle n'embarrasse est peut-être, en effet, au fond de toutes ces métaphores musicales. Nous trouvons ici, en somme, la contrepartie de ce parallèle primitif qui permit de représenter des idées de résistance et d'opposition, par des motifs au rythme troublé et rompu. Ce procédé imitatif est employé par Bach de la manière la
4Cantate Mein Gott, wie lang’, ach lange? (B. G. 155, XXXII, p. 91).
2 Cantate Gott, wie dein Name (B. G. 171, XXXV, p. 23).
3 Cantate Aerg're dich, o Seele, nicht (B. G. 186, XXX VII, p. 142).
+ Cantate Wie schôn leuchtet der Morgenstern (B. G. 1,1, p. 40).
5 Cantate Mein Gott, wie lang’, ach lange (B. G. 155, XXXII, p. 91).
6 Cantate Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe (B. G. 25, Vi, p. 178). 1 Cantate Erfreute Zeit im neuen Bunde (B. G. 83, XX1, p. 66).
plus variée, selon les cas où il l’applique. Veut-1l dépeindre seulement l’action de marcher, il lui suffit d'organiser une suite de sons dont la vitesse est uniforme et modérée. Nous en avons des exemples dans les passages où 1l met en mu-
sique ces phrases: «Allons à Bethléem (A)..... Allons dans la Jérusalem de félicité (B)...…. Je marche après le Christ (C)..... Ils allèrent à la montagne des Oliviers (D)... Nous venons (E).….. »
A Ténor B Soprano C — RTE RENTRER Ed a —® = ty æ == RÉRÉÈSES D Lasset uns nun gehen 1 So las-set uns gehen ? Ich folge Christo D Ténor E Soprano : SR À SN See Es NT mel D EEE == its PETER nach 3 gingen sie hinaus an den Oelberg # Wir kom — — — mens
Il est presque superflu de redire ici que des images de cette nature sont extrêmement communes dans les œuvres des musiciens qui ont précédé Bach. J'ai donné plus haut des extraits de Sebastiani et de Johann Theile, que l’on peut citer encore ici. Dans les compositions de Schütz, les mêmes descriptions sont fréquentes. Au mot fahren, il joint une énorme vocalise qui se hâte (A). Carissimi écrit des notes égales et rapides sur le mot eamus (B). Johann Wolffgang Franck exprime de même le mot Lauf, course (C).
1 Weinachts-Oratorium (B. G. V2, p. 106).
? Cantate Himmelskônig, sei willkoinmen (B. G. 182, XXXVII, p. 52).
$ Cantate Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen (B. G. 12, Il, p. 73).
# Matthäus-Passion (B. G. IV, p. 50). Voir aussi page 77.
5 Cantate de mariage Dem Gerechten muss das Licht(B. G. XIII!, p. 50).
$ Symphoniae sacrae, 2° partie, n° 12 (vol, VII de l’éd. Spitta). Voir aussi le n° 21.
Bach accepte cette tradition, et il la perpétue sans se lasser. Il accompagne obstinément le verbe eilen, se hâter, de grandes vocalises qui se déroulent avec rapidité.
Ténor
RER RENE PHODHE ONE ee Pau nee LC
1 Dans l'Histoire des Pelerins d'Emmaüs, publ. par M. H. Quittard dans les Concerts spirituels édités par la Schola Cantorum (1e livr., p. 13).
2 Æneas' Ankunft in Italien (1680).
3 Cantate Wer mich liehet (2° composition, B. G. 74, XVIII, p. 120).
4 Cantate Zch geh’ und suche mit Verlangen (B. G. 49, X, p. 320).
5 Cantate Bringet dem Herrn Ehre seines Namens (B. G. 148, XXX, p. 249).
6 Johannes-Passion (B. G. XIIL, p. 84).
7 Cantate profane Weichet nur, betrübte Schatten (B. G. XI°, p. 70).
eilt, eill, — —. eilt, BUS CSS MN
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nun willich @ — — —
Les mêmes vocalises fuyantes sont associées aux mots schnell, (rapidement), laufen, Lauf (courir, course).
Ténor
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La fuite, la prompte disparition, sont généralement représentées par des motifs fluides et agiles.
1 Cantate Denn du wirst meine Seele nicht in der Hôlle lassen (B. G. 15, Il, p. 154). Ph. Spitta considère cette cantate comme ayant été composée pour la fête de Pâques de 1704, puis remaniée plus tard (J. S. Bach, À, p. 227).
? Cantate Sehet, wir gehn hinauf nach Jerusalem (B. G. 159, XXXII, p. 166.) De semblables illustrations du même mot se rencontrent aussi dans la cantate Du Hirte Israel, hôre (B. G. 104), et dans la cantate Ærfreute Zeit im neuen Bunde (B. G. 83). :
# Cantate Ach wie flüchtig, ach wie nichtig {B. G. 26, V1, p. 200).
# Cantate Nun komm, der Heiden Heiland (2° version, B. G. 62, XVI, p. 41).
5 Cantate Wachet, betet (B. G. 70, XVI, p. 363).
$ Cantate Jesus nahm zu sich die Zwôlfe (B. G. 22, V1, p. 82).
zu dir flieh.. — — jich 2 der bald ver = schwin — —- — det 3
Bach accompagne aussi d’un trait précipité le mot wanken, chanceler, comme s’il voulait peindre, en faisant tourbillonner la mélodie, l’entraînante confusion du vertige (A). Erlebach emploie ce procédé, au début de l'air: «Je me tiens ferme, et ne vacille point » (B).
A Ténor L >
und Wan — — — — — — — — — ke und wau-ke nicht 6
1 Cantate Wachet, betet (B. G. 70, XVI. p. 346).
2 Cantate Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe (B. G. 25, V1, p. 179).
38 Cantate Was frag’ ich nach der Welt (B. G. 94, XXII, p. 103).
# Cantate Zch will den Kreuzstab gerne tragen (B. G. 56, XII?, p. 99). Cf. le même mot dans l’air de ténor de la cantate Bisher habt ihr nichts gebeten in meinem Namen (B. G. 8).
5 Cantate {ch glaube, lieber Herr (B. G. 1009, XXIIT, p. 2435).
6 Harmonische Freude (1697), no VI,
Le mot zerstreuen (disperser) est interprété par Bach avec la même agitation troublée.
Ténor
PSE =
zer = - streun — — — — — —
Au contraire, les mots qui expriment la force reçoivent une parure musicale à la fois violente et carrément rythmée, ainsi dans ce début de l'air: « Oui, je peux battre les ennemis » (A). Ce type de vocalise se retrouve maintes fois. Citons, entre autres, celle que Bach écrit sur le mot walfen, dans l’air de basse de la cantate Warum betrübst du dich, mein
Herz (B).
pit epienr ttes ét peter D arit Ro mm mm RE ED EN RES En
Wa
Le mélange de notes de valeurs différentes donne une cadence rude au début du motif joint au mot geisse/n, flageller, puis le rythme s’amollit vers la fin, comme si Bach avait voulu faire entendre par là que le bras du bourreau s'était fatigué de frapper (A). Observons ici que
* Cantate Meine Seel erhebt den Herren! (B. G. 10, 1, p. 206). ? Cantate Selig ist der Mann (B. G. 57. XIL?, p. 119). > B. G: 138, XX VIII, p. 212).
J. W. Franck emploie le même rythme saccadé dans une vocalise associée au participe geschlagen, frappé (B).
— — — — — seteimt geschlag” — — — — Line
Les thèmes de la joie se développent avec ampleur, d'un mouvement vif et uni, sans heurts ni précipitation. Il n'est pas de traduction rythmique plus fréquemment employée par Bach que celle-là, ni de plus constante. Le type d’ailleurs, n’en fut point inventé par lui. Heinrich Schütz en fait usage et, d’ailleurs, n’innove point en cela, mais ne fait que doter la musique pour voix seule d’une des ressources de la musique polyphonique, où abondent les longues vocalises de jubilation. Il nous est inutile de remonter ici aux œuvres du XV[® siècle. Nous en resterons à ce créateur de la musique récitative allemande, et nous signalerons la grande arabesque qu’il trace pour sich freuen, se réjouir, dans le petit concert spirituel /ck will den Herren loben allezeits. Aussi, hérité du passé, comme la plupart des motifs descriptifs de Bach, ce motif se trouve-t-il déjà dans ses œuvres les plus anciennes. La cantate pour l'élection du conseil de la ville libre impériale de Mühlhausen (4 février 1708)* nous en fournit la preuve, dans le chœur final (A). Dans les cantates Nach dir, Herr, verlangef mich (B), Ich sehe, ttzt, da ich zur Hochzeit gehe (C), Mein Gott, wi
1 Johannes-Passion (B. G. XII1, p. 54).
2 Arien aus dem musikalischen Singspiel Æneas Ankunft in Italien, etc.,
3 Kleine geisiliche Concerte (2° partie, n° 1). Vol. VI de l’éd. Spitta.
4 Gott ist mein Kônig (B. G. 71).
lange (D), qui furent écrites vraisemblablement entre 1712 et 1716, cette formule apparaît également.
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