‹ L'Esthétique de Jean-Sébastien BachChapitre 21 sur 94 · B. G. 160 (XXXII, p · texte numérisé non relu

B. G. 160 (XXXII, p

8 Deuxième air de b ASS ss asse de la cantate Selig ist der Mann, der die Anfechtuns < Chœur de la cantate Herr, deine Augen sehen nach dem Glauben (B. G. 102),

Dacoo

seulement, de certains phénomènes qui accompagnent les états de joie ou de douleur. Or, les motifs du rire et les motifs des soupirs n’ont de commun que leur discontinuité saccadée. Mais ce caractère, précisément, appartient aux manifestations de la joie excessive, aussi bien qu'aux manifestations de la douleur excessive. Ici et là, ce sont les mêmes suffocations, les mêmes cris espacés, les mêmes hoquets. Et d’ailleurs, cette conformité mise à part, combien ces thèmes diffèrent de figure et de ton! Il suffit de jeter les yeux sur l'alerte vocalise que Bach fait chanter sur le mot ZLachen (rire), dans la cantate Unser Mund sei voll Lachens pour se convaincre que les notes piquées qui la terminent ne la rapprochent que par un détail assez insignifiant des grands traits sombres, aux lignes éparses, que nous avons cités auparavant.

Un- ser Mund sei vol La —

Nous devons au contraire mettre en face de ce dernier exemple l’arpège formé de notes piquées, joint par Bach au mot alleluia, dans la cantate Jauchzet Gott in allen Landen. il emprunte ici les ressources d’une virtuosité un peu forcée, pour manifester avec plus de véhémence, dans un dernier élan, des sentiments de joie surabondante et audacieuse ?,

Dans la cantate Æerr, deine Augen sehen nach dem Glauben, nous trouvons encore une vocalise formée de groupes séparés qui se suivent. Bach l'écrit en correspondance avec ces paroles: «Ne sais-tu donc pas que la bonté de Dieu t'attire vers la pénitence?» Le caractère symbolique de cette série d’arabesques élégantes est évident. Elles forment une progression mélodique descendante qui se déroule avec je ne sais quel charme insinuant. Elles se

1 B. G. 110 (XXII, p. 27). La même formule se trouve indiquée, encore sur le mot lachen, dans l’air Dein Wachsthum, sei feste de la cantate comique Mer ‘hahn en neue Oberkeet (B. G. XXIX).

EVOYEZ IP UI0:

succèdent, gracieuses pareillement, et séduisantes. Et on pense, quand elles s’abaissent une à une, aux branches étagées d’un arbre fleuri que le vent incline tour-à-tour vers le passant, à portée de sa main.

Page 1