‹ L'Esthétique de Jean-Sébastien BachChapitre 3 sur 94 · RER RER · texte numérisé non relu

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Auf, auf, auf, auf, auf, auf, ihr He — — — — — — den auf!

C'est par une ligne ascendante continue que Bach dé. peint Dieu s’élevant dans les cieux, au commencement de la cantate Goff fähret auf*.

Gott fàäh--ret auf, Gott fih-- ret auf.

1 B. G. rio (XXII, p. 318.

? Cantate Ein Herz, das seinen Jesum lebend weiss, B. G. 134 (XXVII, p. 184).

5 Arien, aus dem musicalischen Sing-Spiel Æneas Ankunfft in Italien, mit beygefügten Ritornellen, gesetzt von Johann-Wolffgang Francken… Hamburg, den 24 decembris 1680. Les parties de violon des ritournelles ne subsistent qu'avec l'exemplaire conservé à la Bibliothèque Nationale.

De même, il imagine des groupes de notes montantes pour accompagner les paroles de Jésus, quand il gravit les hauteurs sur lesquelles Jérusalem est située.

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Wir gehn hinauf, wir gehn hinauf, wir geh’n hinauf, wir geh’n hinauf

Le motif que Bach organise dans cet arioso est déjà indiqué dans le récitatif de la Matthäus-Passion où Jésus envoie ses disciples vers la ville pour préparer la Pâque. Observons qu'un motif analogue avait été employé, à la même place, par Johann Sebastiani et par Johann Theile, dans leurs compositions faites d’après la Passion selon Saint-Matthieu?.

J. S. BACH ÿe SEBASTIANT (1672) nou trs M Sded)es; met! Te Cent eacersmmmerd sem ounemme IPN Re =] ER =] (DE = re Ar nes Gehet hin in die Staüt. Gehet hin in die Stadt.

J. THEILE (1673)

Gehet him in die Stadt.

Les mots aufwecken (réveiller), auffhun (ouvrir) - aufstehen (se lever), lui suggèrent également des thèmes dirigés vers le haut.

Si, de la description des objets et des actions, nous passons à la représentation des sentiments, nous trouvons encore l'emploi de motifs ascendants, joints à des mots qui désignent comme un redressement de l’âme, l’orgueil, le courage, la vigueur. Ainsi, dans le récit de ténor de la

1 Cantate Sehet, wir geh'n hinauf gen Jerusalem, B. G.159 (XXXII, p. 157).

2 B.G. IV, (1re partie). L'œuvre de Sebastiani et l’œuvre de Theile sont publiées dans le 17° vol. de la première série des Denkmäler deutscher Tonkunst (1904). Les exemples cités se trouvent p. 19 et p. 122.

3 Voyez le récit d’alto de la cantate Komm, du süsse Todesstunde (B. G, 161), le Weihnachts-Oratorium (B. G. V2, no 58), la cantate Wer nur den lieben Gott lüsst walten (B. G. 93, XXII, p. 83), la Matthäus-Passion (B. G. IV, no 33 et n° 63).

cantate WMesne Seele erhebt den Herrni, sur les paroles où est évoquée la vaine présomption des orgue Bach dessine un arpège montant qui s'élève jusqu’au la, sur le mot Sro/z (orgueil). Dans la cantate Wer sich selbst erhühet, que nous avons déjà citée, les exemples de même nature abondent. Il est inutile de rappeler le thème du premier chœur, dans lequel est illustré le mot erhôhen, dont la traduction, au sens figuré, peut se trouver formulée de même manière qu’au no et dépendre en quelque sorte de l’image musicale qu'on a pris coutume de joindre à l’idée générale d’élévation. Mais dans le cours de la cantate, nous trouvons des témoignages distincts d’intentions descriptives, quand les mots ne désignent qu’un état de l’âme et ne se rapportent en rien à des faits extérieurs ?.

Bach s’attache avec autant de soin à former des motifs descendants quand le sens des paroles évoque des idées d’inclinaison, de chute, de profondeur.

Sur ces mots «je m'enfonce dans l’abime» il écrit, dans la cantate /Jch hatte viel Bekümmerniss?, un motif qui exprime la descente progressive, l'entrainement jusqu’au fond du gouffre.

Ténor

= Hier ver - sink ich im den Grund,

Afin que l’image soit plus forte, Bach émploie ici des notes extrêmement basses pour la voix de ténor. Nous avons vu plus haut (p. 23) qu’il demandait à la voix de basse des notes fort graves dans la cantate Aus der Tiefe. Un des maîtres qu'il admira le plus, Dietrich Buxtehude (1637— 1707), organiste de l’Église Sainte-Marie à Lübeck, use du même procédé dans le motet Goff, Goff hilf mur, sur des paroles analogues à celles de l'exemple qui précède #.

LB 4G:10\(1;1p:1206).

2 Ainsi dans l'air de basse, sur le mot Hochmuth (orgueil).

$ B. G. 21 (Vi, p. 20). Voyez aussi le récitatif de soprano de la cantate Mein Gott, wie lang* (B. G. 155).

4 Denkmäler deutscher Tonkunst, °° série, r4° vol. (1903), p. 60. Ce volume qui contient un choix d’œuvres de Buxtehude (Abendmusiken und Kirchen-

= 2 Re SS ee — SEE t > + Ich ver-gin — — — — - ke im tiefen Schlamm da kein re

Dans la cantate Æs 1s/ das Heil uns kommen her, Bach nous présente une description toute semblable à celles que nous venons de citer.

Ténor

ER a Hi me =

le | Paie. re ns S he Yi ER o-g-d-

Wir wa ---ren schon zu tef ge - de ken, der Re Les + hi = EP nn —— RE > NM EN - CE PE Ab - grund Schluck? uns vôl-lig fa

Il interprète scrupuleusement, quand ils se présentent, les mots Gruft (tombe, fosse)? Grab (tombeau)5.

Dans un chœur de la ÂMafthäus-Passion, les quatre voix font entendre successivement un motif descendant sur ces paroles: « Descends de la croix »f.

Le mot fallen (tomber) est traduit par une ligne mélodique dirigée vers le bas. Ainsi, dans la cantate 7714 auf die Glaubensbahn 5, nous trouvors :

ANRT CS PE AN Re Eee CET Fi —

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ja - ü-ber ïihn zur Hül -+ - - -len fallt

kantaten) a été édité par M. le Dr Max Seiffert, Rappelons que Bach fit à pied le voyage d’Arnstadt à Lübeck, pour. se familiariser avec l’art de Buxtehude, dont la renommée d’organiste l'avait attiré. Bach resta trois mois environ. à Lübeck où il arriva au commencement de l’hiver de 1705. (Spitta, J. S. Bach, Il, p. 251 et suiv.) — Cf. le même motet dans le Mus. Lebens-Brunn de Briegel.

BG 01 /p:T201)

2 Cantate Wer weiss, wie nahe mir mein Ende. B. G. 27 (Vi, p. 232).

3 Cantates Erfreut euch, ihr Herzen, B. G. 66 (XVI, p. 205) Jesu der du meine Seele (B. G.78), Johannes-Passion (B. G. XII, p, ie Matthäus-Passion (BA IGAIVRD299).

4 B. G. IV, p. 224.

5 B. G. 152 (XXXII, p. 20).

Le commencement du premier récitatif de la cantate Gleich wie der Regen und Schnee vom Himmel fällt (de même que là pluie et la neige tombent du ciel) est modelé d’après le même principe!.

ÉSÉÉSSÉRS ESS ne —-

Gleich wie der Re-gen und Schnee vom Himmel fällt

Le mouvement violent du haut vers le bas est fidèlement dépeint dans la cantate Ærhalf uns, Herr, bei deinem Wort?, dans l’air «Sois abattu jusqu’à terre, orgueil plein d’enflure ». ,

LE eee. SE ne

Stür-ze zu Bo-den, stür-ze zu Bo-den

Bach traduit avec force les paroles de l’évangile selon Saint-Matthieu, qu’il emploie non seulement dans la Matthäus- Passion, mais encore dans la /ohannes-Passion 3: «Et voici que le rideau du temple se déchira depuis le haut jusqu’en bas».

Johannes-Passion, Matthäus-Passion.

D fs RER RUN D me he SN UP pee re ep. 5 + RS Rs RE NeN de RER SE f —+— 9 —g- —— nm Du SE Se es V 7 A” > Von o-ben an bis un-ten aus. Von o-ben an bis un-ten aus.

De même que pour interpréter les idées d’ascension, Bach ne fait point de distinction entre le sens propre et le sens figuré, de même il exprime par des moyens mélodiques semblables les idées de descente, d’inclinaison ou de chute, que le sens de la phrase qu’il met en musique soit positif ou qu'il soit imagé. Nous trouvons toute une série de passages où il accompagne les mots prosterner, ‘adorer, par un motif qui s'incline, comme s’il n'avait d'autre dessein que de

2 B. G. 126 (XX VI, p. 128).

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