DIS EC CERN TETE
$ Dus neu erôffnete Orchester, p. 284.
4 Sämmtliche Werke, vol. 1.
5 Odae concertantes, publiées à la suite de la relation des fêtes célébrées à Kiel en octobre 1665 (Visio jovtalis, etc. 1666).
8 Rappelons ici que «Herr Friedemann Meckbach, J. U. Doctor in Mühlbausen » fut, en 1710, le parrain de Friedemann Bach, fils aîné de Jean-Sébastien Bach, alors à Weimar (Spitta, J. S. Bach, I, p. 354).
l'image de «l'éternel palais de saphir» qui attire les regards de Christiane-Eberhardine, Bach fait rayonner doucement cette voix lumineuset, Elle chante encore dans un air de la Matthäus- Passion: «Viens, douce croix». Cet air provient de la cantate funèbre de Léopold d’Anhalt-Côthen. Le poète ÿ promet au prince «une douce sépulture», dans le cœur de ceux qui l’ont aimé?. Vers la fin de la /ohannes-Passion, la viola da gamba parle avec une mélancolie déjà pleine d’espoir, dans l'air d’alto: «Tout est consommé»#. C'est le même sentiment, mêlé de tristesse et de sérénité, qui règne dans l’air de la cantate Goftes Zeit: «Je remets mon esprit entre tes mains»t. Les violes de gambe y accompagnent de motifs aériens et susurrants, la mélodie du choral: «En paix et avec joie je m'en vais là-bas, selon la volonté de Dieu». Avec les flûtes, les violes de gambe paraissent aussi dans la sonañina qui sert de prélude à cette cantateÿ. Elles y procèdent en grandes suites consonnantes, paisiblement et tendrement, avec une certaine langueur plus voisine de la béatitude qui repose, que de la faiblesse inactive, et leur chant a une étrange puissance d’attrait. Doni écrit quelque part que les violes de gambe «conviennent aux choses graves, posées et tristes»6. Certes, cette introduction est lente et recueillie, et déjà comme ensommeillée par l’approche de la mort. Mais la phrase de Doni ne s’applique pas exactement à cette courte symphonie, qui n’est point triste, encore que grave. Les rythmes de la joie en allègent la démarche, dans la partie des flûtes surtout, et ils se balancent aussi dans le chœur des violes presque nonchalantes. On dirait que, songeant aux délices de «l’heure de Dieu», Bach, pour nous les annoncer, s’est inspiré de cette page où Heinrich Suso, l'amant de la «Sagesse éternelle», glorifie son amante: «Une seule parole qui sort de ses lèvres douces surpasse en
1 BG: XIIIS p. 55.
BAG NIV A P::210:
8 B. G, XII1, p. 104.
4 B. G. 106 (XXII, p. 166).
5 B. G. 106 (XXIII, p. 149).
8 Voyez au tome second des œuvres de Doni, éditées par Gori (1763), le Trattato della musica scenica (1° partie, chapitre 25, p. 02).
harmonie le chant des anges, le son des luths et des violes célestes ».
Bach, qui laisse si complaisamment chanter les violes, se sert en général du violoncelle pour dérouler de vastes motifs un peu rapides, où la sonorité expressive de l'instrument n’a point le temps de s’étaler, mais dont la continuité produit, bien souvent, des impressions assez rares. Ces traits unis jetés en tous sens, dessinés sans arrêt, finissent par former, dans l'esprit, l'image d’un réseau de fils entrecroisés, où les mélodies accompagnées se trouvent enserrées et captives. Quelquefois, d’ailleurs, cette image correspond exactement à l’idée du texte, ou en sort assez directement. Ainsi Bach eniace d’une arabesque de violoncelle le chœur de la cantate Goft ist mein Künis (1708) où l’on demande au Seigneur de ne point livrer ses tourterelles à l’ennemit. Il complète ici la comparaison indiquée, et décrit les rets étroitement tramés de l’oiseleur. Dans l’air de basse de la cantate Bereitet die Wege, le violoncelle noue des arpèges obstinés autour du chant, pour dépeindre l'enfant de la colère pris dans les filets de Satan?. Remarquons enfin que des motifs analogues sont joués par le violoncelle dans le chœur de la Johannes. Passion où il est question de la robe de Jésus, robe tissée d'une seule pièce, en mailles indivisibles3. La précision un peu rude de l'instrument rend, dans ces trois exemples, la figure des motifs très distinctet. Dans la cantate Mur Jedem das Seine, c'est encore aux qualités purement extérieures du violoncelle que Bach a recours, quand il fait produire, par deux de ces instruments, une sorte de frémissement métallique, en accompagnement à l'air
de basse: «O Jésus, fais que mon cœur soit l'argent dont je te paie»ÿ.
1/BG.;71(X VII, p.224):