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B. 34 (VIRE P.117)s
Wir danken dir !, ete. Remarquons, d’ailleurs, qu’il s’en sert déjà avec magnificence dans la cantate composée en 1708 pour l'élection du conseil de Mühlhausen, Goff isé mein Kônig ?. Sans m'attarder à énumérer les œuvres où le chœur des trompettes resplendit, sans même désigner quelques-uns des airs où la trompette, en solo, lutte d’agilité et d’allégresse avec la voix je veux signaler les compositions où, sortant de la coutume #, Bach a choisi la trompette, non plus pour un héraut de fête, mais pour un. messager terrifiant. Dans l'air de basse de la cantate Schauet doch und sehet, elle jaillit «comme un rayon sorti d’une nuée de tempête, et elle donne un coloris rouge de sang», a-t-on remarqué avec justesse! Les paroles de cet air sont: « Ton orage s'élève dans le lointain, mais son trait de feu éclatera enfin»5, L'introduction de cet air finit par une tenue. La voix commence à la seconde mesure de cette tenue de trompette, par le même motif, formé de tierces ascendantes6.
Une réplique de cet air formidable se trouve dans la cantate Æs rerifet euch ein schrecklich Ende: «Dans sa colère, le juge vengeur éteint le flambeau du Verbe»7. Cependant,
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2 B. G. 71 (XVIII, p. 3). Dans la cantite Denn du wirst meine Seele nicht in der Hülle lassen (B. G. 15), Bach emploie deux clarini soutenus d’un principale. CF. Speer, Grundrichtiger .. Unterricht der musicalischen Kunst (1697, p. 210). Spitta considère cette cantate comme la plus ancienne que nous ayons de Bach; il présume qu’elle remonte à la fête de Pâques de 1704 (J. S. Bach, I, P: 227). :
5 Johann Beer (ou Hehr, 1652-1700) fait remarquer que la trompette peut être extrêmement lamentable en certains cas. Qu’on demande aux soldats, dit-il, ce qu'est (l’appel des morts», et comment on annonce «l’escarmouche perdue». H'suffit, ajoute-t-il, de mettre la mélodie en rapport avec le texte (Musicalische Discurse, 1719, p. 158).
# Lindner, Zur Tonkunst (1864, p. 124) et Spitta, J. S. Bach, IL p. 260. Bach désigne d’ailleurs ici un instrument particulier, la tromba ou corno da tirarsi, instrument muni de coulisses, comme le trombone. La tromba da tirarsi joue avec le soprano, dans ies chœurs des cantates O Ewigkeit (B. G. 20), Wo Soll ich fliehen hin (5). Le corno da tirarsi est indiqué pour le même usage dans les chœurs de la cantate Half im Gedächtniss (B. G. 67). [l paraît encore dans la cantate Ach, ich sehe itzt, da ich zur Hochzeit gehe ‘B. G. 162).
REG 146 (Xp. 222):
6 Voyez à la page 64 de ce travail.
7 B. G. 90 (XX1, p. 207).
avec un même grondement des basses frémissantes, avec les mêmes unissons farouches de l'orchestre, et avec plus d’agitation, cet air n’égale pas en beauté sinistre le précédent, que martèlent impitoyablement les notes uniformes de la trompette, avec la rigueur calme de la toute-puissance, et que ses clameurs longues oppriment. C’est aussi la trompette qui hurle la rage d'enfer dans l’air de basse de la cantate Wo soll ich fliehen : hin : «Silence, silence, horde infernale » !. <
Le corno da caccia est parfois utilisé pour donner, aux airs de force, une teinte violente et un peu grave. Dans l'air de soprano de la cantate Wür’ Gott nicht mit uns diese Zeit, 1 se présente en motifs de trompette? Nous en avons signalé l’usage à plusieurs parties, avec le basson. Bach joint deux cors aux trois trompettes et aux timbales, dans l'air retentissant du Dramma per Musica, Zerreisset, zer- Sprenget, zertrümmert die Gruft, où Eole chante : «Arrière, arrière, vents ailés »5.
Les cors servent aussi au pittoresque des scènes de chasse que Bach veut représenter. Ils apparaissent au milieu de l'air de basse par lequel débute la cantate Sseke, 1ch will viel Fischer aussenden*, quand le chanteur dit: «Et, après cela, je veux envoyer beaucoup de chasseurs». Ils y sonnent en accords répétés, puis reproduisent le thème du chant et rédisent, en appels consonnants, les appels de la voix. Dans le premier air de la cantate profane Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd, deux corni da caccia accompagnent le soprano. Dans les chœurs des cantates Der Herr ist mein guter Hirt$, et Wie schôn leuchtet der MorgensternT, on dirait que les cors ajoutent, comme fond
1BG,.35{(I,.p. 143).
BG ra (lle pe c119):
8 B. G. XI?, p. 106. Dans Octavia de Keïser, deux cornes de chasse accompagnent l'air de Néron La Roma trionfante.
4 B. G. 88 (XX!, p. 160).
RE GEXXEX ED. 03: