‹ L'Esthétique de Jean-Sébastien BachChapitre 51 sur 94 · BG:2V2 p.150 et pi · texte numérisé non relu

BG:2V2 p.150 et pi

? Voyez P. Spitta (J. S. Bach, I p. 463 et IL p. 301). 2B0G. 60 XV pe 02)

forte, et ne va pas jusqu’à la débonnaire indulgencef. Quand Jésus demande à ses apôtres pourquoi ils ont eu peur, “hommes de peu de foi», dans la cantate Jesus schläft?, quand, dans la cantate Srehe, ich will viel Fischer aussenden, il rassure Simon et lui annonce que, désormais, il sera “pêcheur d'hommes», quand la voix de l’Esprit-Saint, dans la cantate O Exwigkeit, du Donnerwort, change en béatitude. le mystère effrayant de la mortt, Bach a recours à la poésie pénétrante de l’arzoso, où l’insistance des paroles et des motifs agit avec un charme de persuasion irrésistible. Dans la Matthäus- Passion, Bach s'élève encore plus haut. L'arioso où il chante les paroles de l'institution de la Cène atteint au sublime, par la progression ininterrompue du sentiment, par cet essor d'enthousiasme qui va toujours croissant, mais sans agitation, dans la plénitude des harmonies consonnantes et dans l’épanouissement des rythmes unis du quatuorÿ.

Dans ses cantates, Bach donne le nom d'air à des pièces de chant de formes assez différentes. P. Spitta remarque avec raison que, dans la cantate Goff ist mein Kônig$ (1708), il désigne sous le titre d’Aria con Corale une mélodie traitée en style d’arioso, tandis qu'il appelle arioso un air de basse, de coupe presque classique7. Cette confusion s'explique aisément. Au temps de Bach, le mot aria est d’une signification générale plus étendue que celle que nous avons coutume de lui donner. Johann Gottfried Walther, dans son Musicalisches Lexicon (1732), donne cette

DB CL Ul1p.207)

2 B. G. 81 (XX1, p. 14).

3 B. G. 88 (XX!, p. 170). Cette page est deensel sous le nom d’aria, mais a tous les caractères d’un arioso développé, formé de deux parties dont la première finit sur la dominante, et la basse y répète un motif obstiné,

4 B. G. 6o {XII2, p. 187).

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