‹ L'Esthétique de Jean-Sébastien BachChapitre 60 sur 94 · BIG REV N DUO · texte numérisé non relu

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venir des dangers passés, et donnent plus d'instance à la requête des fidèles.

Le thème chromatique descendant se rencontre aussi dans le prélude au choral Wr glauben al? an einen Got, Schôpfer (le Credo allemand)?. Il correspond à ce passage du second verset, qui chante Jésus-Christ «mort sur la croix». Le motif principal de cette pièce d'orgue ést d’ailleurs aussi inspiré par le texte. Chacune des strophes commence par ces mots: «Nous croyons». Pour symboliser l’opiniâtreté de la foi ainsi proclamée, Bach donne aux premières notes un rythme volontaire qui, dans toute la compo. sition, contredit la démarche des autres voix $. Un troisième sujet, joué par la pédale, apparaît à intervalles réguliers. C’est une sorte de variation de la gamme, présentée en montant, puis en descendant. Ce dessin uniforme, précis, de mouvement égal, semble déterminé par un passage du texte qui a rapport à l’Esprit-Saint: «Il maintient toute la chrétienté sur terre exactement dans un même esprit »#. Par chacun de ces trois sujets, le musicien exprime l’idée essentielle contenue dans chacune des strophes : la croyance au Dieu créateur, qui préside à tout, au Fils rédempteur, et à l'Esprit qui dirige les âmes.

Dans la fantaisie sur le choral Jesu, meine Freudeÿ,. le commentaire musical se rapporte à deux pensées que Bach traduit de préférence. D’abord, il développe dans l’accompagnement du cantique un thème qui, bien que de mode mineur, appartient, par le rythme et la structure mélodique, à la catégorie des thèmes joyeux 6.

1 Le thème chromatique figure aussi dans les préludes au choral O Lamm Gottes (B.G. XXV?2, p. 102) et au choral Jesus Christus, unser Heiland (B. G.

XXV?, p. 136). Nous le rencontrons aussi dans le choral Christus, der uns selig macht (B. G. XXV2, p. 30).

21B.:G: 1 pot

5 Voyez plus haut des exemples de motifs analogues qui indiquent la résistance, page 06.

# Des motifs de structure et de signification semblables sont cités page 46.

Voyez aussi la cantate Tritt auf die Glaubensbahn (152), avant ces mots du récit de basse, «die blinde Leiterin»

HR CAX LD. 58:

6 Voyez page 49 et page 100 de cette étude.

Mais, après qu’il s’est attardé à décrire lé ravissement du chrétien qui trouve, en Jésus, «sa joie, l'aliment de son cœur, la parure de son âme», il veut dire, avec plus de flamme, combien il aime «lagneau divin, le fiancé». Ici, Bach laisse de côté le chant du choral. Tandis que, jusqu’à ce moment, il l’a fidèlement exposé, tantôt au soprano, tantôt à l’alto, au ténor ou à la basse, il ne fait plus qu’en indiquer quelques traits, dans une variation de rythme trinaire, gracieuse et tendre, mais toute dominée par le souvenir de la Passion, souvenir que ces mots, «l’agneau de Dieu », ont réveillé dans son esprit. Les thèmes du « portement de croix » et de la mort de Jésus paraissent dès les premières mesuresf.

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