DH EE
Ich bin verachtt… Lass, o Welt, mich aus Ver - ach-lung…
(le Ténor
Fesses
Ver - schmähe nicht...f
Les idées de fatigue, de faiblesse, de maladie, de péché sont représentées par des figures analogues à celles que nous venons de citer.
Ténor
zu RE à Me ee sa ess sehr krank und schwach... ?
Enfin Bach fait correspondre des motifs descendants ou des notes graves avec les mots qui désignent la nuit, les ténèbres.
.…noch:viel Finster - niss.. wenn des Grabes Nacht. hier ist ja lauter Nacht,
ÉlEs=—
AUX A Peu ce die Dunkel-heit 8
1 À. Cantate Warum betrübst du dich, mein Herz (B. G. 138, XX VIII, p. 204). B. Cantate Liebster Immanuel, Her;og der Frommen (B. G. 123, XX VI, p. 57). C. Cantate Sie werden aus Saba alle kommen (B. G. 65, XVI, p. 158). Remarquons pour ce dernier exemple que Bach suit le sens du mot, sans prendre garde à la négation qui le modifie. Les idées de condamnation et de malédiction lui suggèrent des motifs de même direction. Cf. B. G. IL, p. 308, X VII, p. 137, XXII, p. 52. Cf. l'usage du motif A chez Zachow (éd. cit. p. 18).
3 À. Cantate Es ist das Heil uns kommen (B. G. 9, I, p. 260. B. Même cantate (B. G. I, p. 253). C. Cantate Ach Herr, Ha armen Sünder (B. G.'135, XXXVIIL, p. 128).
$ A. et B. Cantate Erfreute Zeit im neuen Bunde (B. G. 83, XX, p. 75). C. Cantate Ich haïte viel Bekümmerniss (B, G. 21, V, p. 30). D. Cantate Bleib’ bei uns (B. G. 6, I, p. 170). Voir aussi l’air d’alto de la même cantate.
Si l’on admet que Bach représente un objet élevé par une note aiguë, puis un objet placé plus bas par une note grave, on peut considérer, du moins, que l'éloignement des deux sons ainsi opposés n’exprime qu’une fonction seulement de l’idée d'espace, l'espace mesuré dans le sens de la verticale. Bach ne fait pas cette distinction. La distance qui sépare deux sons consécutifs d’inégale hauteur a pour lui une signification générale et suffit pour suggérer, dans tous les sens, la notion d’étendue.
C’est ainsi que pour accompagner les mots wesf et fern (loin, lointain) il donne au chant de larges intervalles eur
B Ténor (S T' te / Le—o— N——}s Re Dés ce SZ = RE es es doch so ARTS - ich, ir-re weit und breit.…. so. ferne...1
L'idée de plénitude lui suggère aussi des motifs de grande envergure. Il les forme volontiers avec les notes de l'accord parfait arpégé, et les épanouit sur l’octave entière. Il se souvient peut-être que les anciens auteurs appelaient l'octave la mère de fous les intervalles. L'image s'enrichit ainsi d’une allusion. Pour le mot ganz (tout entier), il écrit:
x B C Ps VER MES ee + à SEE === Sp nt pere …in der ganzen Welt . gan-ze. Welt und will il die gan-ze Welt D Ténor E s — = Z LE EE ; Ê a. ae IE = sS2) in dem die gan -ze Welt. ...ganz = = 2
1 A. Cantate Wer weiss, wie nahe mir mein Ende (B. G. 27, V!, p. 222). B. Cantate Jesu, der du meine Seele (B. G. 58, XVIII, p. 274). C. Cantate Jesus schläft, was soll ich hoffen? (B. G. 81, XX, p. 5).
2 À, Matthäus-Passion (B. G. IV, p. 29). B. Cantate Mache dich, mein Geist, bereit (B. G. 115, XXIV, p. 128). C. Cantate Susser Trost, mein Jesus kômmt -(B. G. 151, XXXII, p. 10). D. Johannes-Passion (B. G. XIHAM D ÈT19): É. Cantate Jhr werdet weinen und heulen (B. G. 103. XXII, p. 85).
Le mot Fälle (plénitude), et ses dérivés reçoivent des traduetions analogues. En juxtaposant des motifs de sens contraire, Bach en arrive à interpréter l’idée d'opposition. Il signale de manière saisissante la différence entre les adverbes de lieu zc1, là, et traduit distinctement ces mots :
«A droite, à gauche ».
A B Se he D EE jammert ihn ee S NEuN ao dort, So ne éstyhiere so geht es Be CPE D ja 2 EE Re Fe mers — Per I SR D “dort, so geht A hier... Bald zur En er zur Lin = ken... Ténor EE SE ER En ) RE EE —— Ei - ner mA es ten, und ei-ner zur Lin - ken ?
Par un artifice de même nature, procédé indiqué dans les traités de contrepoint sous legnom de renversement, Bach obtient une image musicale adéquate à l’idée de réciprocité. Dans le récit d’alto de la cantate Barmherziges Herze der ewigen Liebe se rencontrent ces pargles: «De même que vous mesurez, ainsi l’on vous mesurera». Cette phrase est chantée deux fois, et le motif sur lequel la voix la répète est formé exactement des mêmes figures que le motif joint à la première exposition du texte, mais elles se présentent en ordre inverse. Bach produit ainsi deux dessins rigoureusement symétriques.
1 Voir dans l'air de basse de la cantate Meine Seele erhebt den Herrn les paroles und die Fülle haben (B. G. 10). Voir aussi dans la Johannes-Passion (B. G. XILL, p. 102) et dans la Matthäus-Passion (B. G* IV, p. 22) sur le mot vollendet (achevé).
? A. Cantate Aerg're dich, o Seele, nicht (B. G. 186, XXXVII, p. 14). B. Cantate Eîn ungefärbl Gemüthe (B. G. 24, V1, p. 145). C. Cantate Herr Christ, der ein’ge Gottes Sohn (B. G. 96, XXII, p. 180). D. Matthäus-Passion (B. G. IV, p. 223).
3 B. G. 185 (XXXVII, p. 108).
RE
Ldenn wie ihr messt, wird man euch wie - der
MES — = — — -— — |, —. — . sen, denn wie ihr
messt, wird man euch wie-der mes — — — — — — sen.
L'usage des motifs divergents enrichit Bach d’autres figures encore. Nous l’avons vu, par linversion des thèmes, illustrer le contraste des mots. Mais il arrive aussi qu’au lieu d’opposer les dessins, il les combine. Pour exprimer l'action d’environner, d’entourer, il trace des lignes mélodiques qui s’épanouissent selon des directions contraires, mais semblent cependant onduler autour d’un même point, rayonner d’un même foyer, avoir un même axe de révolution. Cherche-t-il à traduire ces paroles, «je veux embrasser sa croix», il écrit, sur le mot embrasser fumfassen), une vocalise composée d’une série de volutes sonores. Un trait en spirale se déroule dans une autre cantate sur un mot de sens analogue (umfangen).
A Le D
Ich will sein Kreuz uin-fas = 2
és
un - fan — — — —
1 La même symétrie se reflète dans la partie de basse qui accompagne ce passage. Krieger emploie le même procédé à la fin de son beau motet pour basse, Wie bist du denn, o Gott. En accompagnement au mot umgewandlt, le violon «retourne» la vocalise que le chanteur a faite sur la première syllabe de ce mot (Denkmäler deutscher Tonkunst, 2t® Folge, VIer Jahrgang, 1, p. 145).
2 A, Cantate Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen (B. G. 12, Il, p. 75) — B. Cantate Liebsier Jesu, mein Verlangen (B. G. 32, VII, p. 59).
S'il est question dans le texte de couronnes ou de guirlandes, les notes se groupent en arabesques enveloppantes, dont l'ordonnance fait image.
2 B DR ER TE He US DE Sete nn =
Krônt - - Ru = - = - nen. REDON NEARTIE
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die. "KTO Me ie ES RE RS E RAP M EN ) + Lo ss ares eo ne Pa De < 2 ei De M a 2 D D PI see me Ne US SRE Es ee =} < De SÉssee — + — — — ne nur Segenskränze wm — — — En en re TE Te SP rer ES Fr = —
Dans cette série d'exemples, Bach nous offre d’heureuses représentations plastiques des objets et des actions qu’il prétend décrire (couronnes, tresser des couronnes). Il les modèle en contours flexibles, comme s’il voulait répéter les mouvements d’une main qui ébauche, dans l’espace, de grands gestes sinueux ?.
1 A. Cantate Herr Gott, dich loben wir (B. G. 16, I, p. 181). — B. Cantarte Der Friede sei mit dir (B. G. 158, XXXII, p.153). — C. Cantate Aerg’re dich, o Seele, nicht (B. G. 186, XXX VII, p. 145). — D. Cantate Selig ist der Mann (B. G. 57, XII? p. 111). — E. Cantate Sässer Trost, mein Jesus kômmt (B. G. 151, XXXII, p.13). Voir aussi l'air de basse de la cantate [ch lasse dich nicht, du segnest mich denn ! (B. G. 159).
3 Obsérvons ici que le souvenir du geste démonstratif dans les représentations que Bach imagine pour les idées d’opposition et d’espace est manifeste. Rapportons-nous aux traductions qu’il donne des mots: à droite, à gauche. Ce sont les habitudes de l’organiste et du claveciniste qui les déterminent. À droite est toujours interprété par des notes élevées, à gauche par des notes basses, allusion obstinée à la droite et à la gauche du clavier. L’influence des réactions instinctives, provoquées par certaines idées, apparaît clairement dans cette constance de traduction.
Comme dans tous les cas précédents, nous pouvons observer, ici encore, que les formules employées par Bach ont une double signification. A l'interprétation de l’idée de courbe, prise au sens positif, il joint l'interprétation du même concept, pris au sens figuré. Ainsi, le mot «considérer» (befrachten) lui inspire un motif tracé avec ampleur, de type identique aux motifs qui dépeignent les mots où l’idée d’un mouvement circulaire est impliquée, le mot considérer ayant dans son esprit un équivalent concret, renfermé dans cette locution: regarder de tous côtés. Et, par un enchaînement de pensées dont le mécanisme se devine aisément, il. étend la même formule de traduction aux mots de signification voisine, qui correspondent à l’idée de rouler dans son esprit, ressasser, réfléchir et même, d’une façon générale, penser. Les exemples’ suivants nous montrent assez bien la marche de cette évolution. Les mots qu'ils expliquent sont: considérer, réfléchir, songer à quelque chose.
A 5 B le € se +— — = ® — Re R- a 8 2.
D EE eee | LS De ee de PEER D Betrachte, mei -ne Seel... ..-be-den - -, ke dies... C Ténor
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L'idée du retour en arrière est exprimée aussi par Bach, à l’aide de motifs où la direction descendante est associée à la direction inverse. Heinrich Schütz nous fournit
1 A. Johannes-Passion (B. G. XIIL, p. 55). B. et C. Cantate O Ewigkeit, du Donnerwort! (B. G. 20, LI, p. 313 et p. 307; Voir aussi l'air d’alto de la cantate Bereitet die Wege (B. G. 132) et l'air de ténor de la cantate Bleib’ bei uns (B. G. 6).
déjà un exemple de ce procédé. Nous le mettons en regard (A) de celui que nous prenons dans Bach (B). |
A B É 3 EE FRS Eee —# ee ee DE Rire Er Sie müssen zu - rü-cke keh-ren. Zu -rücke, zu - rücke 1
C'est également par un motif qui s'élève, puis revient au point même d’où il est monté que Bach interprète l’idée d'obligation, de devoir:
Op — Dr
So muss es sein! ?
1 A. Kleine geistliche Concerte (Sämmtliche Werke, VI, p. 5). B. Dramma per musica Der yzufriedengestellte Æolus (B. G. XI?, 1er vol., p. 198). Cette œuvre est de 1725.
? Cantate Du sollst Gott, deinen Herren, lieben (B. G. 77, XVIII, p. 246). Bach nous donne souvent aussi pour müäüssen où sollen des motifs formés sur l'arpège ascendant. [l’idée de l’obligation s’y retrouve, comme dans l'exemple précédent, symbolisée par la contrainte du retour à la tonique, soit en descendant, soit en montant. Nous pouvons signaler cette variante de la formule citée plus haut, dans l’arioso qui précède l'air d’alto de la cantate Ales nur nach Gottes Willen (B. G. 72, XVIII, p. 69) et dans le début de la cantate . Was soll ich aus dir machen, Ephraim (B. G. 89, XXI, p. 182).