‹ L'Esthétique de Jean-Sébastien BachChapitre 71 sur 94 · BAG P · texte numérisé non relu

BAG P

Spitta, J. S. Bach, Il, p. 740:

Dieu » : il accepte, dans la cantate /ck freue mich in dir\, les diminutifs que contient le choral de Kaspar Ziegler (1621— 1690), les paroles tendres et familières au «petit Jésus » (Jesulein) qui est devenu enfant, pour être notre petit frère (Brüderlein). T1 insiste même sur les derniers mots du récitatif de ténor, où cette appellation affectueuse, men Jesulein, s'étale avec une douce emphase?.

Sa dévotion instinctive, son désir de «vivre en Dieu»? se révèlent, en outre, par bien des traits qui, comme je l'ai déjà observé, semblent venir du piétisme, et qui, à vrai dire, appartiennent au vieux mysticisme allemand, ou même ne sont que des signes d’une profonde sensibilité religieuse. Cette disposition de son cœur le met d'accord avec tous les théologiens qui ont aimé leur Dieu «en réalité», et il n’a que faire de leurs instructions: 1l les devine et il serait capable de les compléter. Quand 1l écrit pour l’orgue ses admirables chorals de communion, Schmücke dich, o liebe Seele*, et Jesus Christus, unser Heilandÿ, il cède à l'inspiration, il ne saurait pas les écrire autrement, sans recueillement et sans ferveur. Ce n’est pas pour lui que Mithobius à, jadis, expliqué leur devoir aux organistes, quand ils jcuent pendant cet acte solennelf. À ce moment du service, malgré son goût pour les concertos italiens, il ne lui prit jamais fantaisie, comme à ce musicien dont parle Voigt, «de tirer tous les jeux et et d'exécuter un concerto avec entrain, tellement que les gens auraient pu se mettre à danser »7. Il eût sans doute mal accueilli l'étrange prélude à un motet attribué à Bernhard qu'avait imaginé, à Hambourg, Matthias Weckmann$, et, s’il

11BACT 33

21B.:G: 133 (XXVIIF, p: 72):

3 Remarquons qu'il traite ce passage de S. Paul, dans l’Actus tragicus, dont il a sans doute formé lui-même le texte, en juxtaposant des extraits des livres saints (B. G. 106).

# B./G. XXV2, p. 05.

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