S. A. SCHERER
tr —— J. S. BACH.
BE —— — 7 —2— 7 SE — 7 (Kraut und Rü - ben ha - ben mich ver - trie - - ben)
Par cette allusion 4 la Bergamasca, Bach évoque une autre chanson encore. Il n’est pas invraisemblable qu'il ait choisi ce motif de signification multiple pour augmenter le comique de son Ouodhbet. Friedrich Érhardt Niedt nous renseigne sur la signification de la «bergamasque », dans le
1 Sur cette forme de musique, on peut consulter l’article de M° Elsa Bienenfeld (Sammelbände der 1. M. G. VI. p. 80).
2 Voyez l’ouvrage déjà cité de M. Seiffert, p. 274.
8 Annuale ... 1645.
4 Fiori musicali, 1635, p. 80.
5 Tabulatura Intonationum brevium ... (1664). Cette œuvre est en cours de- publication dans les Archives de M. Guilmant.
petit roman satirique qui sert d'introduction à la première partie de sa Musicahsche Handleitung. Tacitus raconte son apprentissage chez le cruel maître Orbilius. Après avoir, pendant deux ans, étudié les mystères de la tabulature et s'être appliqué à reconnaître les « pieds de corneille», par lesquels on désigne la valeur des sons en durée, il obtint de jouer enfin son premier morceau, au titre majestueux de Bergamasco, pièce dans laquelle, remarque le narrateur, se trouve quelque vertu secrète, puisque tant d’organistes ont la manie de faire débuter par là leurs élèves. «La mélodie est, au demeurant, celle d’une chanson de paysans, que les polissons chantent dans les rues, Æifen Garsten wille wi meyen»1. En couronnant la quatrième partie de sa C/avier- ÜUebung par une variation où transparaît le souvenir de la pièce fameuse, et «antique», comme l'appelle Kuhnau?, Bach aurait ainsi voulu rappeler quels avaient été les débuts de tant de musiciens et, qui sait, les siens peut-être, quand il travaillait sous la sèche discipline de son frère Johann Christoph, à Ohrdruf.
Bach ne s’en est pas tenu là dans l’usage des mélodies communes. Dans sa Cantfate en burlesque, il emploie l’air de la Fohe d'Espagne. Ce thème eut une merveilleuse fortune. Kuhnau cite la Folie d'Espagne dans les premières pages de son Charlatan musical (1700), et Johann Mattheson parle encore, dans son Parfait maître de chapelle (1739), de cette vieille mélodie qui, dit-il, «se rapproche de la sarabande». Remarquons aussi que, dans l’ouverture de son opéra-comique Jodelet (1726), Reinhard Keiser ne dédaigne pas d'employer ce motif devenu vulgaire. Bach le pare d’une grâce mélancolique qui l’ennoblit et le rajeunit :
NE Al te Der NES à ÉEprpoÉpeep ep
Un autre thème encore, dans cette «cantate villageoise», est d’origine étrangère. La fanfare que sonne le cor, dans