B. G. XXIX
2 Kritik der Urtheilskraft, 1, 3 54.
8 Taine, Notes sur l'Angleterre, p. 344.
goût, sinon de ses auditeurs, au moins de ses élèves, en bafouant les formes inférieures de l’art. Nous le voyons tourner en dérision les ménétriers qui accompagnent gauchement, comme des ignorants fieffés, et n’évitent pas les plus lourdes fautes!. Son enjouement mordant cache de sévères leçons. Ainsi, le rire même qu’il déchaïne sera profitable: il transporte dans la musique l’effort de ces écrivains de la Société fructifère qui avaient pris pour devise: « Rien qui ne serve» (Ales zum Nufzen).
C’est dans la Dispute de Phébus et de Pan? que se découvre le mieux son intention de critiquer et de corriger. Il y ménage d'autant moins les travers des compositeurs asservis à la mode, qu’il tient à défendre, contre eux, l’art superbe et profond auquel il s’est voué. Un tel débat, où il est juge et partie, nous éclaire d’une manière décisive sur son esthétique. En étudiant cette querelle, nous distinguons nettement par quoi il diffère de ses contemporains, ce qu’ils lui reprochent, et ce que lui-même désavoue en eux; et les bases de sa doctrine nous apparaissent.
À vrai dire, si nous considérons l’ordre des événements, c’est la réplique de Bach qui nous parvient d’abord, avant les attaques dirigées contre lui. Sa cantate est de 1731, et les censures qui latteignent ne sont publiées qu'en 1737.
Avant cette époque, il n’est guère signalé au public que par des louanges. Mattheson, qui le blâme, sans le nommer, au sujet de la déclamation des paroles dans la cantate ch hatte viel Bekümmerniss, en 1722%, écrivait cependant, quelques années plus tôt: « J'ai vu, du célèbre organiste de Weimar, M' Jean-Sébastien Bach, des compositions d'église et de la musique instrumentale, qui sont certes bâties de telle sorte qu'il faut tenir l’homme en grande estime»#. (Christiane Mariane von Ziegler nomme Bach, Telemann et Händel pour leurs ouvertures, vers
1 Voyez la Bauerncaniate.