‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 10 sur 129 · CHAPITRE I. — DIEU · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — DIEU

se un autre, est-ce'que le premier reviendra jamais à elle ? Cette femme ne sera-t-elle pas souillée ? Eh bien, ô Israël, tu as péché avec de nombreux amants ; cependant reviens à moi, dit le Seigneur, et je te recevrai... Tu t'es fait un front de courtisane, tu as désappris la rougeur de la honte. Appelle-moi au moins maintenant, dis-moi : Vous êtes mon père, le guide de ma jeunesse ; vous irriterez-vous toujours, persévérerez-vous dans votre colère jusqu'à la fin (Jéré- MiE, m) ?»

Tantôt c'est un père offensé, prêt à accueillir l'enfant autrefois rebelle, maintenant repentant :

« J'ai entendu la plainte d'Ephraïm emmené en captivité : vous m'avez châtié, et j'ai été dressé comme un taureau indompté ; convertissez-moi, et je me tournerai vers vous, parce que vous êtes le Seigneur mon Dieu. Après que vous m'aurez converti, je ferai pénitence, et après que vous m'aurez ouvert les yeux, de douleur, je frapperai ma cuisse; je serai couvert de confusion et je rougirai, parce que l'opprobre de ma jeunesse est tombé sur moi. Ephraïm est-il encore pour moi un fils ^précieux, est-il pour moi un enfant de délices, pour qu'après avoir parlé contre lui, je me souvienne encore de lui ? En vérité, c'est pour cela que mes entrailles se sont émues sur lui et que je ferai éclater sur sa tête ma miséricorde, dit le Seigneur.

Élève des monceaux de pierre pour reconnaître ta route, fais attention aux lieux où tu as souffert ; remarque bien le droit chemin que tu as suivi en partant ; reviens, ô vierge Israël, reviens à ces villes où tu habitais (Jérém., xxxi). »

Enfin, c'est une mère que rien ne rebute, qui veille avec amour sur son fils, même ingrat :

« Sion a dit : Le Seigneur m'a oubliée. Est-ce qu'une mère peut oublier son enfant et ne pas s'attendrir sur le fruit de ses entrailles ? Eh bien, lors même qu'elle l'oublierait, moi, je ne t'oublierai pas (ISAIE, xxxix) » !

Ainsi, pour ceux qui sont devenus ses enfants d'adoption par le baptême, Dieu est plus qu'une mère ; c'est la source de l'amour infini qui déborde sur eux en flots intarissables. En vérité. Dieu est amour [ÉpUre I de S. Jean, iv, 8), et si, dans la créature raisonnable, la sainteté est exactement proportionnelle à la charité,, qu'on juge par là de la sainteté du Créateur, qu'on imagine cette rayonnante splendeur de beauté morale qui émane de l'essence divine.

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