CHAPITRE I. — DIEU
« Seigneur, avant que je la connaisse, vous connais-, sez ma pensée ;
Vous avez passé au crible mes actes et mon repos ; ; Vous avez exploré toutes mes voies.
Et les paroles me manquent pour l'exprimer.
; Seigneur, vous savez tout cela !
Vous m'avez façonné dans tous les sens, ; ;
■ Vous m'avez formé de vos propres mains.
. La science que vous avez de moi est admirable ; Elle est au-dessus de ma portée, Et je ne pourrai y atteindre.
"• Où irai -je pour échapper à votre esprit ? Où fuirai-je de devant votre face ?
Si je monte au ciel, vous y êtes ; Si je descends dans le Schéol, vous voilà.
Si je m'envole comme le rayon de l'aurore Et que j'5'me réfugie aux extrémités de l'Occident, C'est voti"e main qui m'y conduit, Et votre droite me soutient.
J'ai dit : Peut-être les ténèbres me cacheront-elles; Mais la nuit s'illumine autour de moi.
Pour vous il n'y a pas de ténèbres, Et la nuit brille comme le jour, L'obscurité est comme la lumière.
Vous-même, vous avez façonné mes reins, Vous avez tissé mon corps dans le sein de ma mère. Je vous loue de ces merveilles qui me stupéfient ;
■ Oui, vos œuvres sont admirables,
Et mon âme se nourrit de leur contemplation.
Mon corps n'échappait pas à vos regards, lorsqpie j'étais formé dans le secret,
Lorsque ses éléments s'organisaient au sein de la terre.
Vos yeux m'ont vu quand je n'étais qu'une masse informe ;
Dans votre livre sont écrits tous les jours qui viendront,
Bien qu'aucun d'eux n'existe encore. (Ps. xxxviii)»
La bonté de Dieu a des profondeurs qui nous étonnent et des délicatesses qui nous ravissent. Non content de tirer du néant ses créatures, il assigne à l'homme la plus extraordinaire des fins, une fin qui dépasse de toute la hauteur du ciel tous nos rêves de bonheur : la vision de l'essence divine, la béatitude de Dieu même. Le Seigneur a prodigué les images les plus touchantes pour nous aider à concevoir l'immensité de sa bonté. Tantôt il se présente comme un époux outragé qui pardonne à l'épouse coupable :
ç( On dit d'ordinaire : Siun homme a renvoyé sa femme et que celle-ci, s'éloignant de lui, en ait ëpou-