CHAPITRE XIV. LA VIE CHRÉTIENNE
git de revendiquer les siens, il sait tempérer par la miséricorde les rigueurs de la justice, parce que Jésus a dit : « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et il vous sera pardonné. Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, pressée, entassée, débordante. Car on se servira pour vous de la mesure dont vous vous serez servis pour les autres {Luc. chap. vi. v. 36. 37. 38) ». Parfois même le chrétien parfait sait faire bon marché de ses droits personnels : « A celui qui t'a frappé sur une joue, présente l'autre ; abandonne ta tunique à qui te prend ton manteau {Luc.
chap. VI. v. 29) ». L'exemple de Jésus en sa Passion, le souvenir des péchés qu'ils ont commis et dont Dieu leur demandera compte, donnent ainsi aux chrétiens la force de pousser parfois jusqu'au boutl'abnégation d'eux-mêmes.
Quant aux droits de Dieu, le chrétien véritable en est le champion le plus intrépide. Mais au lieu de les défendre stérilement contre le monde, il ne sacrifie pas aux entraînements de la lutte son amélioration personnelle et concentre avant tout ses efïbrts sur l'état de ses relations avec Dieu. Il sait prier. Comme les objections des déistes lui paraissent puériles et mal fondées ! Sa prière n'est pas seulement la confession de sa misère, l'aveu de sa dépendance absolue de la bonté divine, l'expression de sa confiance filiale en la miséricorde du Père céleste ; elle est tout cela, sans doute, mais d'abord c'est une prière d'adoration, de louange et d'actions de grâces, de sorte que, si les déistes étaient parvenus à ébranler la nécessité de la prière de demande, toute la partie la plus élevée du culte échapperait encore à la portée de de leurs arguments. La prière du chrétien, c'est celle que le Yerbe lui-même enseigna à ses Apôtres :