‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 113 sur 129 · CHAPITRE XVJI Les Fins dernières · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVJI Les Fins dernières

Dès le premier instant de leur vie, tous les hommes s'acheminent d'un pas inégal vers la porte de sortie qui donne sur l'autre monde.

Cette porte est toujours ouverte, et les foules s'engloutissent sans cesse sous le porche béant ; mais la nuit qui l'enveloppe est si obscure que tout homme disparaît dès qu'il a mis le pied sur le seuil. Tous disparaissent, grands et petits, riches et pauvres, bons et mauvais ; tous laissent derrière eux un cadavre. Quant au sort éternel de l'âme, c'est le secret de Dieu qui nous sera révélé au jugement dernier.

Toutes les voies des hommes sur la terre

aboutissent à la mort ; mais leurs chemins se séparent ensuite pour ne plus se rencontrer. A peine l'âme est-elle partie pour le voyage éternel, elle se trouve en face du souverain Juge. Cette entrevue est rapide, instantanée. Echappée aux liens de la chair, l'âme acquiert une singulière clairvoyance morale ; les objets sensibles, les attraits des créatures n'obscurcissent plus sa conscience, et toutes ses illusions sont tombées. La sentence du Juge qui fixe son sort pour l'éternité n'est que l'expression auctoritative du jugement que l'âme a déjà prononcé sur elle-même. Si, pesée dans la balance spirituelle de précision, elle a le poids voulu, elle s'élève vers le ciel ; sinon, Dieu la rejette et elle tombe dans l'enfer.

L'âme qui descend vers l'abîme éternel peut n'être souillée que de la tache originelle, héritage moral de nos premiers parents, péché véritable, mais impersonnel, puisque la volonté de l'enfant n'y a aucune part. Ainsi destituée de la

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