‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 121 sur 129 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

étroites limites d'un peuple et d'une époque de préparation. C'est une religion, et pas autre chose ; mais c'est une religion complète, à laquelle nul ne peut rien ajouter d'essentiel, dont on ne saurait rien retrancher, destinée à tous les temps et à toutes les nations. C'est la plus mystique et la plus rationnelle des religions, la plus mystique^ parce qu'aucune n'alimente, n'exalte et ne satisfait comme elle le sentiment religieux ; la plus rationnelle, parce qu'elle ne craint pas la lumière de la science et qu'elle applique hardiment la spéculation philosophique à l'élucidation de ses dogmes. Cette religion, d'où découle logiquement la plus pure des morales, se place naturellement bien au-dessus du mahométisme, qui sacrifie en ce monde et en l'autre au sensualisme, qui nourrit en ses fidèles le goût bestial du sang et de la luxure. Son culte sans tache est le plus pacifique et le plus auguste que le monde ait connu. Jamais l'obscénité ne l'a souillé, comme il a souillé toutes

les religions païennes, même l'hellénisrae ; Jamais des hécatombes humaines n'ont péri sm' ses autels, comme dans la Gaule druidique, à Garthage ou au Mexique ; jamais même le sang d'un animal n'a coulé sous le couteau d'un prêtre chrétien. La victime de notre sacrifice est un homme, il est vrai ; mais c'est un Homme-Dieu qui ne meurt plus, et bien que réelle, son immolation n'est pas sanglante. Le dogme, la morale, le culte, telles sont les trois grandes nefs de cet édifice spirituel du christianisme.

Mais, en vérité, le christianisme est bien plus qu'un édifice immobile et sans vie, si beau qu'il soit; c'est un organisme que l'Esprit Saint habite et vivifie. Tout manifeste en lui la vie la plus intense : l'idée capitale du christianisme, l'idée motrice de tout ce grand corps est celle de l'Etre qui est la vie par essence ; le degré de vie surnaturelle possédé par le chrétien indique la mesure précise de sa participation aux richesses spirituelles du catholicisme, comme l'aiguil-

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