ÉPILOGUE
le du manomètre indique la pression de la vapeur. Il vient de Dieu et retourne à Dieu. C'est comme un grand chêne semé sur la terre oii il a pris racine et dont les hautes branches vont se perdre dans l'infini. Au sommet, c'est Dieu considéré en lui-même et dans le mystère de sa vie intime ; au bas, c'est le monde créé par Dieu, auteur et consommateur de toutes choses, c'est l'homme qu'il avait comblé de ses dons et qui a librement renoncé à tout pour suivre l'appel de ses mauvais instincts. Malgré son ingratitude, Dieu ne l'a pas abandonné ; après les longs siècles de l'épreuve et du châtiment, le Fils de Dieu s'incarne dans le sein d'une Vierge ; il enseigne sa doctrine aux hommes et meurt sur une croix pour racheter par l'effusion du sang innocent les pécheurs que menaçait la justice divine. Il meurt pour rassembler en un seul troupeau et sous un même pasteur les enfants de Dieu dispersés sur la terre ; il meurt pour mériter aux hommes de participer à la vie divi-
ne et pour donner l'efficace aux vsacreraents qui la leur communiqueront. Il meurt enfin pour sauver les âmes de l'enfer et en faire les pierres vivantes qui serviront à construire les murs de la Jérusalem céleste. Le Libérateur descend dans les limbes pour délivrer les justes qui soupiraient après sa venue, et il daigne descendre encore tous les jours dans l'enfer des consciences criminelles, pour faire luire.dans nos âmes, au milieu des ténèbres où elles languissent, l'éclatante lumière de ses divines inspirations (BossuET, Sermon sur la gloire de Dieu dans la conversion des pécheurs, Œuvres o)'a^.,édit, Lebarcq, t. n. p., 76 et 77).
Ainsi le christianisme, qui opère dans le temps, travaille pour l'éternité. Il habite la terre ; mais sa patrie est là-haut. Dans les cœurs où il règne, il crée des aspirations célestes qui, combinées avec la grâce divine et l'énergie de la volonté, engendrent la sainteté, c'est à dire la soumission totale des forces de la nature hu-