‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 123 sur 129 · ÉPILOGUE iJ · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE iJ

maine à son Créateur et Sauveur, l'union parfaite, dans la mesure du possible, de l'homme voyageur avec Dieu. Quand il a établi sa demeure dans des intelligences qui avaient îe goût et le génie du beau, il a renouvelé la face de l'art. Après avoir accepté des Romains Tarchitectdre de ses basiliques et leur décoration picturale, il a fait sentir sa puissante influence, dès qu'il a eu conquis sa place au soleil et que, de croyance privée^ il est devenu une foi sociale. Dès le vi° siècle, les coupoles de Sainte-Sophie s'élèvent à Gonstinople ; la fusion de l'architecture grecque des siècles de décadence avec les formes orientales donne naissance à l'art byzantin. En Occident, le style classique, transformé entre les mains des Barbares, devient l'art roman, et au xn^ siècle, le plus pur esprit chrétien, servi par le génie français, bâtissait aux alentours de Paris les premières églises gothiques. La peinture sur vitraux, inconnue de l'antiquité, embellissait nos cathédrales en prê-

tant aux rayons du soleil ses teintes multicolores, en décorant la grande rose de la façade ou du transsept, « cette magnifique percée sur le paradis » (ïaiïs'e). Puis la peinture à fresque s'éveillait de son long sommeil et produisait, sous le pinceau des maîtres italiens, des œuvres naïves et touchantes, jusqu'à ce qu'entre les mains de fra Angelico, du Pérugin et de Raphaël elle enfantât ses chefs-d'œuvre. La sculpture, négligée en Orient depuis la querelle des iconoclastes, se développait largement en Occident ; elle peuplait les portiques des églises et ornait les autels d'une multitude de figures, d'une facture souvent très incorrecte, mais d'un caractère religieux parfois intense. Peu à peu, du reste, les raideurs et les laideurs de sa première manière s'effaçaient, et les procédés perfectionnés de la Renaissance produisaient d'admirables images de saints, par exemple les statues de l'abbaye de Solesmes ou celles de la cathédrale de Burgos. Enfin l'harmonie faisait entendre sous la

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