ÉPILOGUE
voûte de nos cathédrales ses premiers vagissements, et Palestrina ouvrait au xvi^ siècle l'histoire de la musique moderne. Ainsi le beau s'est montré aux hommes sous des dehors nouveaux ; si un Athénien d'avant l'ère chrétienne revenait au monde, les yeux encore charmés des sculptures de la frise du Parthénon et des peintures d'Apelle, l'oreille encore attentive à la mélodie de la première Py thique de Pindare ou de l'hymne à Apollon, ce n'est pas le Moïse de Michel- Ange ou la Transfiguration de Raphaël, ni les belles églises de la Renaissance, ni le chant grégorien qui le surprendraient le plus ; c'est une cathédrale gothique, une eau-forte de Rembrandt, une sonate de Beethoven. Sous l'influence chrétienne, l'expression, qui n'était ■qu'accidentelle dans l'art grec, a pénétré l'art moderne.
Cette puissance de transfiguration organique, qui s'est exercée dans le domaine de l'art, a fait sentir non moins énergiquement sa force dans
celui de la. littérature. Le christianisme a ranimé les langues classicjues qui se mouraient faute d'idées, et leur a arraché toute une nou- . velle série de çhefs-d'oeuvre, où les imperfections de la forme sont. largement compensées par là. supériorité du; fond. Puis il s'est emparé des langues rom.anes. et germaniques qui ont grandi à .soii ombre ^et chanté sous son inspiration, pen^iant, qu'il Juimprtalisait dans ses textes liturgiques Je .grec et .le latin.
Mais le christianisme a fait bien plus, encore. Non content de. réformer l'homme individuel/ il a rj^formé Ja .société, et du chaos des invasions barbares il a fait surgir les nations chrétiennes. La plaie vive de l'esclavage ne rongeait plus ces sociétés ;;. leur législation s'était empreinte des principes .du christianisme, et nulle part n'avait survécu cette conception ignominieuse, qui fait de Thomnae, un être sans droits, l'égal des bêtes; de,: SQôajnei.. soumis aux caprices, les plus çruelsjet l(es:plusimmoraux d'un maître absolu.