CHAPITRE I. DiEU
d'essentiel. Versons une goutte d'eau dans la mer : aurons-nous modifié le moins du monde le niveau de l'océan? Eh bien, quelque frappante qu'elle soit, cette comparaison reste encore au-dessous de la vérité, si nous voulons l'appliquer à Dieu et aux créatures. Toutes' les œuvres divines surajoutées à Dieu n'augmentent pas d'une seule goutte cet océan de l'Etre, parce que l'infini est inaccessible à toute augmentatation comme à toute diminution. Entre une goutte d'eau et la mer, quelle que soit la disproportion quantitative, il y a du moins une mesure commune, le créé et le fini. Entre Dieu et ses créatures il y a uri hiatus que nul iie saurait franchir et qui rend toute comparaison essentiellement boiteuse : l'infini. Depuis la création, il y a sans doute dans le monde un plus grand nombre d'êtres ; mais cette multiplication, cette ■délégation inférieure de la vie ne. change rien à la nature des choses. En réalité, il n'y a pas plus d'Etre, parce qu'on n'ajoute rien à l'infini.