CHAPITEE II. LA SAINTE TRINITÉ
sans la révélation qu'il a daigné nous en faire, , les hommes auraient toujours ignoré le mystère qui s'accomplit éternellement dans les profondeurs de l'être divin. Dieu engendre, il est vrai; mais il engendre comme seul un Dieu peut engendrer. Il se pense, il se conçoit tout . entier dans la plénitude et la force vivante de son intelligence infinie, et le terme de cette conception, c'est le Yerbe, la Parole intérieure qui le redit tout entier, le miroir spirituel en qui se reflète parfaitement toute la lumière divine. A ce Verbe, le Père céleste se donne sans réserve ; il lui communique sa nature incréée et les attributs qui n'en sont pas, en réalité, distincts, sa sagesse, sa science, sa bonté ; et voilà, dans l'unité de l'essence, deux Personnes coexistantes, le Père et le Fils. La puissance de la pensée divine est telle qu elle engendre non un concept sans vie, mais une Personne égale au principe générateur.
Mais le cycle des processions divines n'est
pas achevé. Dieu est esprit, et sa féeonclité s'exerce d'une manière conforme à sa nature.
Or, un esprit est intelligence et volonté ; tous ses actes ont pour principe immédiat l'une ou l'autre faculté. C'est l'intelligence paternelle qui a engendré le Fils ; que fera la volonté du Père et du Fils ?
Cette volonté infinie produit un acte d'amour qui embrasse les deux Personnes divines ; elles s'unissent, elles s'étreignént, non seulement parce qu'elles possèdent une même essence, mais parce qu'une même charité leur sert de lien indissoluble. Le terme de cet acte infini d'amour, c'est l'Esprit Saint, la troisième Personne divine. Lui aussi est parfaitement égal au Père et au Fils ; il possède comme eux et avec eux une même et unique nature. Il ressemble aux deux Personnes dont il procède ; mais la raison de celte ressemblance n'est pas le mode de sa procession. Le Fils est en tout semblable au Père, hors le caractère de la Pa-