CHAPITRE II. LA SAINTE TRIiSITÉ
ternilé, parce que le propre d'un acte intellectuel est d'aboutir à un concept semblable à l'objet pensé ; plus le concept reproduit fidèlement jet complètement cet objet, plus il est parfait. Or, l'acte, par lequel le Père, se pense lui-même, est un acte divin et, conséquemmentj parfait ; il reproduit donc, dans la Personne divine qui en est le terme, toute la Personne génératrice, à l'exception du caractère inamissible qui la distingue. L'acte de volonté agit d'une manière toute différente ; loin de tendre à la reproduction de l'objet aimé, c'est un mouvement qui porte et entraîne vers cet objet aimé le sujet aimant. La volonté s'efforce non de s'assimiler ce qu'elle aime, mais de s'assimiler elle-même à ce qu'elle aime : « C'est la propriété de l'amour de donner au cœur une vie nouvelle, qui est toute pour l'objet aimé.. Naturellement le cœur vit pour soi : est-il frappé de l'amour, il commence une vie nouvelle pour l'objet qu'il .aime (BossuET, Œuvres oratoires, édit. Lebar<:q, t. IV.,
p. 415 et 416). » Par conséquent, si, en dehors du caractère personnel que lui imprime son mode de procession, le Saint Esprit est entièrement semblable au Père et au Fils, ceci résulte de la richesse infinie de la vie divine ; en Dieu, rien n'est accidentel, tout est substantiel ; tout est semblable, tout est identique en la Trinité hormis le caractère relatif des Personnes. Tout acte, qui introduirait au sein de Dieu quelque chose de divers de la nature divine, est totalement incompatible avec la perfection exclusive de cette nature.
Cette coexistence de trois Personnes éternelles dans l'unité d'une même essence est le mystère des mystères ; nos yeux sont trop faibles pour en supporter l'éblouissant éclat, notre intelligence est trop bornée pour le pénétrer. Seul, l'esprit de l'homme sait d'une manière précise ce qui se passe en l'homme ; de même aussi, l'Esprit de Dieu seul peut scruter le secret des profondeurs divines. Même quand notre