CHAPITRE IL ^^ LA SAINTE TRINITÉ
Ime aura reçu au ciel cette illumination surnaturelle qui lui permettra de contempler Dieu "ace à face, alors même qu'elle verra les trois Personnes dans une même essence, elle restera ncapable de comprendre ce mys'tère ; elle le \rerra. et elle en jouira pleinement, mais jamais 3lle ne résoudra le problème de la vie divine. Dieu seul peut se comprendre lui-même, et les 3lus tressailleront d'allég-resse en contemplant ['altitude des montagnes éternelles. Au lieu de Qous révolter contre ce qui nous domine nécessairement, au lieu de rejeter niaisement ce que ne saurait expliquer notre raison embryonnaire, adorons comme eux avec joie et humilité le Dieu un en trois Personnes, et remercions-le d'avoir daigné permettre que nous nous penchions sur ses plus secrets abîmes. Est-il un souvenir qui nous élève davantage au-dessus des mesquineries de la^vie quotidienne ?
« Deus semper generat,ï)\B\i engendre toujours : haute et puissante [formule ! Lorsqu'au -milieu
de quelqu'une de nos occupations basses et frivoles, ma pensée s'y reporte tout à coup, je sens une religieuse horreur ébranler mes os, comme si j'entrais dans le temple de l'éternité. En ce moment actuel que je perds à des riens. Dieu tout entier s'occupe à faire naître son Fils coéternel (De Régnon, Etudes sur le dogme de la Trinité, t. ii^ p. 303) ». Heureux ceux qui savent se nourrir de la contemplation fréquente d'un tel mystère ; c'est pour eux qu'il est écrit: Montes excelsi cerms [Ps. cni, 18), aux cerfs les hautes cîmes !
Eternelles comme Dieu même, les' processions divines sont au nombre de deux et ne sauraient se multiplier au-delà, parce qu'un être spirituel ne peut produire en lui-même que des actes d'intelligence et de volonté ; or, l'acte d'intelligence, qui donne naissance au Fils, et l'acte de volonté, d'où procède le Saint-Esprit, étant tous deux infinis, terminent la fécondité divine. Ces processions sont nécessaires ; la