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CHAPITRE II. LA. SAINTE TRIKITÉ

plénitude de la vie incréée l'exige ainsi, et Dieu veut ce qui convient absolument à sa nature.

Outre le caractère personnel de Paternité, le Père se distingue des autres Personnes divines en ce qu'il n'est le terme d'aucune procession ; il est Père, parce qu'il engendre, et toute paternité est faite à l'image de la sienne; avec son Yerbe il produit le Saint-Esprit, mais il n'est lui-même ni engendré, ni produit. Il est le principe et non la cause du Verbe, parce que cette expression implique un effet postérieur dans le temps à la cause efficiente et substantiellement distinct d'elle ; mais le Verbe n'est que logiquement postérieur au Père qui l'engendre, et l'identité de leur nature est parfaite : « Tout ce que le Père possède est à moi (S. Jean, xvi, 15) ». Inséparablement unis dans la possession d'une même essence et la production d'un même acte d'amour, le Père et le Fils agissent à titre de principe spirateur unique et produisent l'Esprit sanctificateur. Ces

trois Personnes, réellement distinctes et parfaitement égales, s'assoient sur le trône unique de la Divinité ; elles sont synthrones, comme disaient les Grecs, parce qu'elles vivent l'une dans l'autre et se compénètrent totalement :

« Le Fils est le lieu du Père, et le Père est le lieu du Fils, ainsi que le dit le Sauveur : Je suis dans le Père, et le Père est en moi (S. Jérôme, Commentaire sur Ezêchiel, livre I. c. in, sur le vers. 12). ». Les trois Personnes divines sont des modes substantiels d'une même essence.

Le caractère individuel dont chacune d'elles est revêtue est une perfection dont l'esprit humain ne saurait concevoir la beauté ; mais cette perfection est infinie, comme tout ce qui est en Dieu, et par conséquent égale en chacune des Personnes; la Paternité n'est pas au-dessus de la Filiation et la Spiration ne l'emporte pas sur la Paternité. D'ailleurs, comme les trois Personnes possèdent la même essence, elles

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