CHAPITRE III La Création
Durant certaines nuits d'été claires et tièdes, un astronome illustre montait sur la terrasse <!c l'Observatoire, à Paris ; il se couchait sur un matelas et suivait des yeux la marche appa- 1 en le de la voûte céleste, sillonnée par la blancheur lumineuse de la Yoie lactée et toute étincelante d'étoiles. L'admiration maîtrisait en lui loule fatigue.
Longtemps auparavant, le panorama du ciel sous les tropiques avait exercé son prestige sur Tàme de sainte Rose de Lima : « L'aspect d'un ciel serein était pour elle un délicieux spectacle, surtout pendant la nuit. Quoiqu'elle n'eût au-
cunQ notion de l'astronomie, il n'était pas rare de la voir appliquée pendant plusieurs heures à contempler les astres avec une attention si douce qu'elle demeurait dans une complète immobilité. Elle avouait que cette contemplation prolongée réjouissait et nourrissait délicieusement son âme. Aussi la recommandait-elle aux âmes spirituelles comme un des plus puissants moyens de s'élever et de s'unir à Dieu (Han- SEN, Vie de sainte Rose de Lima, p. 120) ».
Sans être des saints ni des astronomes, nous nous sentons aussi en face des cieux saisis d'une religieuse émotion. Quel est donc ce Dieu qui sème ainsi les mondes à pleines mains, qui se joue en maître du temps et de l'espace ? Ce Dieu, c'est l'artiste suprême ; jamais il ne cherche au dehors les modèles de ses conceptions ; il tire tout de lui-même et trouve en son essence un type de beauté qu'il peut imiter indéfiniment dans ses œuvres sans l'épuiser jamais. C'est l'artiste suprême, non seulement