CHAPITRE lîl. — LA CRÉATION
nés et les Dominations, les Principautés et les Puissances, Dieu choisit les messagers célestes qui vont porter ses ordres aux créatures inférieures et les invisibles gardiens qui veillent jusque sur le plus petit des enfants des hommes, i
En s'éveillant à la vie, les anges ne jouissaient pas encore de la vision de Dieu ; avant que le Créateur leur révélât sa face, ils devaient subir une épreuve qui mettrait en pleine lumière l'esprit dont chacun d'eux était librement animé ; tous ceux qui seraient trouvés fidèles seraient confirmés en grâce et admis aux joies delà vision béatifique. Quelle fut celte épreuve ? Dieu présenta-t-il par anticipation le Verbe incarné à ces pures intelligences en leur commandant de l'adorer, ou bien laissa-t-il leur activité s'exercer sur la nature jusqu'au jour où, enorgueillis des privilèges dont Dieu les avait enrichis, beaucoup prétendirent la dominer à titre de maîtres et seigneurs sans lien de
dépendance à l'égard de Dieu ? Quoi q^u'il en soit, des myriades d'anges tombèrent dans le péché d'orgueil, et comme, chez les esprits purs, la chute morale est l'équivalent de la mort pour l'homme, ils tombèrent sans espoir de rémission. Hideusement défigurés par leur crime et enracinés dans le mal, ces anges furent à jamais exclus du bonheur que Dieu leur avait offert et destinés à la prison des flammes éternelles, tandis que leurs frères, qui avaient été humbles et reconnaissants envers le Seigneur, entraient dans sa gloire et assistaient en tressaillant de joie au magnifique spectacle de la création matérielle et organique.
Dans le vide ténébreux apparut tout-à-coup une nébuleuse immense, composée des atomes de la matière cosmique dans l'état le plus complet de désagrégation. Soumis à des forces attractives, ces atomes entrèrent en collision fréquente les uns avec les autres ; il se forma des courants et des tourbillons, et le travail méca-