CHAPITRE III. — LA CRÉATION
une verdure perpétuelles. Dieu, ayant créé l'homme de l'argile de la terre et lui ayant infusé une âme raisonnable, l'établit sous les ombrages de l'Eden et lui donna cette terre à cultiver; Adam y parut dans la plénitude de la virilité qui s'alliait si harmonieusement en lui à la candeur de l'innocence. Cette belle créature, avec laquelle Dieu ne dédaignait pas de converser, vécut heureuse dans le paradis terrestre... Sans arrière-pensée dans ses rapports d'adoration et d'amour avec le Créateur, Adam regardait se jouer autour de lui les animaux qui reconnaissaient instinctivement sa royauté. Pour lui, le travail était sans fatigue, les ténèbres de la nuit sans effroi. Assis à l'ombre des palmiers, étendu près des larges fleuves qui arrosaient l'Eden, il laissait errer ses regards sur ces paysages enchanteurs, et son âme, toute neuve encore et déjà enrichie des trésors de la grâce, s'élevait naturellement vers le Créateur de toutes choses.
Cependant au premier homme il manquait encore une compagne et une épouse : « Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; faisons-lui une compagne qui lui ressemble {Gen., Il, 18) ». Un jour, un sommeil irrésistible s'empara d'Adam ; Dieu vint à lui, pendant qu'il dormait, de sa chair et de ses os il forma celle qui devait être la mère du genre humain. En s'évéillant, Adam vit près de lui la vierge que Dieu lui envoyait et qu'il lui destinait pour épouse ; dès lors, la création fut achevée et le bonheur fut complet dans le paradis terrestre!
Sur les questions de cosmogonie qui sont effleurées dans ce chapitre, le lecteur pourra consulter avec fruit :
Faye, sur Vorigine du monde, Paris, 1896. 3® édition. — WoLF, Zes hypothèses costnogoniques ,l?a.vis , 1886. — Du LiGONDlls, Formation mécanique du système .du monde, Paris, 1897. — Albert Gatjdry, Essai de paléontologie philosophique, Paris, 1896. — Saint- Georges MiVART, Le monde et la science, Paris, 1897. — BuAUN, UeherKosmogonie, jMûnster, 1895.