‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 28 sur 129 · CHAPITRE IV Le péché originel · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Le péché originel

L'homme, sorti des mains de Dieu, était orné des dons les plus magnifiques. Non seulement le Créateur l'avait élevé à l'ordre surnaturel et l'avait destiné à la même fin que lui-même, la vision et la jouissance de l'essence divine, mais il l'avait par surcroît enrichi du don de l'immortalité : après une vie innocente et heureuse, durant laquelle il se nourrirait du fruit de l'arbre de vie, Adam devait quitter la terre pour le ciel sans passer par la mort, La concupiscence «tait liée en lui, et Dieu avait donné à son intelligence cette maturité, ces connaissances fondamentales que l'homme n'acquiert qu'im-

parfaitement aujourd'hui au prix du temps et du travail.

Mais toutes ces libéralités de Dieu n'avaient point changé la nature d'Adam. Par son organisation physiologique et ses fonctions vitales, l'homme restait un animal, raisonnable, il est vrai, et comblé des grâces de Dieu, mais enfin un animal dont les instincts inférieurs étaient alors soumis à sa volonté innocente. Pour mériter d'être confirmé par le Créateur dans un état si supérieur aux exigences de sa nature, Adam devait subir une -épreuve qui serait la pierre de touche de sa fidélité, de son obéissance

aux ordres de Dieu, et de son humilité. L'Eden était semé d'arbres dont le feuillage abritait le premier homme, et Adam recueillait leurs fruits qui servaient à sa nourriture et à celle de sa compagne ; au centre du paradis s'élevait l'arbre de vie dont les fruits réparaient en l'homme le travail destructeur du temps. Un seul était ex^ cepté ; sous peine de mort, Adam ne devait pas^

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