CHAPITRE IV. LE PÉCHÉ ORIGINEL
toucher à l'arbre de la science du bien et du mal.
Ce qui, dans les desseins de Dieu, n'était pour l'homme qu'une épreuve, devint, par la malice du démon, une tentation. Tombé par orgueil, ce puissant esprit voulut satisfaire sa haine contre Dieu en s'attaquant à ses créatures et en les entraînant dans sa chute. Invisible, il pénétra dans le paradis terrestre et se glissa dans le corps d'un serpent. Puis, saisissant un moment où Eve se promenait seule dans les
sentiers de l'Eden, il l'attira, en se jouant devant elle, près de l'arbre fatal. Comme Eve regardait ses fruits sans y toucher, le serpent lui demanda tout à coup pourquoi elle n'en mangeait pas.
La femme, entendant l'animal lui adresser la parole, fut saisie d'étonnement ; mais le serpent lui expliqua qu'il avait reçu le don de l'intelligence et du langage en goûtant du fruit de l'arbre de. science; il lui dépeignit les merveilles
qui se révéleraient à son esprit, quand elle aurait mangé de ce fruit, il surexcita en elle la curiosité féminine et l'orgueil :
« Adam et elle seraient comme des dieux ! »
Puis, pour la convaincre qu'elle ne mourrait pas, il en mangea sous ses yeux. Le fruit était appétissant à voir, et il était défendu ; Eve en cueillit donc et en mangea, puis elle en apporta à son mari. Adam fut frappé d'épouvante en apprenant qu'elle avait transgressé l'ordre de Dieu ; puis il se rassura en constatant que la sentence de mort n'avait pas été exçcutée contre la première femme, et persuadé par Eve, il mangea à son tour du fruit de l'arbre de science. Ainsi, tout était oublié: les bienfaits de Dieu, son amour et sa défense. Mais le péché porte en lui le germe du châtiment; quand ils se furent rassasiés du fruit défendu, la concupiscence brutale se déchaîna e^^^eux, leurs yeux, couverts jusqu'alors du voile de l'innocence, s'ouvrirent tout à coup, et les coupables rougirent de con-