‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 4 sur 129 · CHAPITRE PREMIER Dieu · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Dieu

Quand nous jetons un regard sur les êtres qui nous entourent, nous remarquons quatre degrés distincts dans l'échelle des créatures. A côté des minéraux qui existent, croissent les plantes qui existent et qui vivent ; les animaux existent, vivent et sentent; l'homme existe, vit, sent et pense. La vie des plantes représente un degré supérieur à l'existence des minéraux, parce que dans l'organisme du végétal réside la cause d'une activité nouvelle et merveilleuse. Mais, pour parvenir à sa perfection dans l'ordre

de la création terrestre, cette vie obscure a besoin de franchir deux autres échelons : la sensibilité et la pensée.

Toutefois, en rhoiïime même, la vie présente des caractères d'une évidente infériorité. D'abord, elle a un commencement et une fin :

l'union substantielle de l'âme et du corps n'a pas toujours été et ne sera pas toujours. Entre ces deux termes, la naissance et la mort, que de maux de toutes sortes fondent sur le pauvre roi de la création! Au début, la faiblesse inconsciente de l'enfant, et à la fin, la débilité sans espérance du vieillard ; les maladies, l'ignorance, parfois la folie, projettent leurs ombres sur cette vie. C'est un cycle que chacun parcourt, si une mort prématurée n'y met pas obstacle: l'enfant se développe, grandit, devient un homme, et monté sur le faîte, il redescend peu à peu la pente opposée de la montagne. Est-ce là l'idéal de la vie ?

Non, la vie parfaite, sans erreur et sans faiblesse, sans croissance et sans décroissance.

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