CHAPITRE I. — DIEU
sans commencement ni fin, cette vie n'habite pas sm" la terre. La vie infinie, cet océan vital [Tvélv.yoç T-^ç ovaluç) auquel l'existence de toutes les créatures n'ajoute rien d'essentiel, c'est Dieu, qui seul a pu dire de lui: Vivo ego in seternimi [Deuter.y xxxii, 40), je vis éternellement ; qui seul à pu se définir : Ego sum qui sum{Expd.,iu, 14), je suis Celui qui suis. Ainsi, concentrant en son être tout ce qu'il y a de parfait dans les forces de la vie. Dieu est par lui-même, tirant tout de soi sans rien emprunter au dehors.
lien résulte qu'il ne change et ne faiblit jamais. Un homme, en qui s'uniraient les grâces de la jeunesse à l'énergie de l'âge viril et à la majesté sereine de la vieillesse, en supposant l'harmonisation possible de ces éléments disparates, cet homme posséderait un genre de beauté synthétique, bien supérieur à la beauté de détail dont chaque période de la vie est or-, née. Dans l'ordre des choses humaines, c'est
un rêve ; dans l'ordre divin, c'est une sublime réalité. On dit « vieux comme le monde »
pour exprimer l'antiquité la plus reculée. Mais qu'est-ce que cette antiquité pour Dieu, devant qui mille ans sont comme un jour? Pour cet Etre, dont l'essence est antérieure et supérieure au temps^il n'y a pas eu de naissance ; remontons aussi loin que nous voudrons, avant les mondes, au-delà du chaos, Dieu est. C'est cette face de la vie divine que Daniel exprimait dans sa vision :
« Je regardais jusqu'à ce que des trônes fussent placés et que s'assît l'Ancien des jours ; ses vêtements étaient blancs comme la neige et les cheveux de sa tête comme de la laine mondée (Dan., vu," 9) ».
D'autre part, l'activité de Dieu, qui porte et conserve tout dans le monde physique et moral par une seule parole de sa puissance, donne, à un degré suréminent, l'impression de cet âge dans lequel l'homme, en la plénitude de ses forces, fournit sans s'épuiser le maximum de travail.