CHAPITRE VI La Vierge Mère
La virginité et la maternité sont les deux états les plus divins de la femme, a dit Chateaubriand [Génie du christianisme , liv. I, ch. v). La maternité la transforme et la complète en effaçant de son cœur certains sentiments, en y éveillant d'autres, jusque-là inconnus ou seulement soupçonnés. En face du berceau de son tils, l'ég-oïsme s'évanouit du cœur de la mère ; toute impression de solitude et d'isolement disparaît. A leur place, c'est l'amour dévoué jusqu'à la mort et que rien ne rebute, l'amour capable des longs sacrifices, des jours sans repos et des nuits sans sommeil, puis cette fierté, ce
sentiment de triomphe que donne à la femme la fécondité. La maternité est donc son. couronnement naturel ; aux facultés physiques et morales dont le germe existe en elle, la maternité seule donne leur pleine extension. Mais la couronne surnaturelle de la femme, le comble de sa dignité et la perfection de son innocence, c'est la virginité. Par elle, l'âme triomphe pleinement du corps ; c'est la restauration, dans les limites du possible, de cet empire souverain que la raison de l'homme exerçait dans le paradis terrestre sur ses appétits inférieurs ; c'est la substitution de l'amour divin aux amours humains, c'est le charme, la paix et la candeur de l'innocence.
Si une main toute-puissante fondait en un seul ces deux types de beauté, naturelle et surnaturelle, quel chef-d'œuvre ! Eh bien, le chefd'œuvre existe, il est sous nos yeux. Dieu a mis sur le front d'une créature ces deux auréoles, dont chacune est parfaite en son genre, il a