CHAPITRE VII. — LA JUSTIFICATION
et les martyrs du lendemain. L'âme du chrétien devenait un sanctuaire, et la Sainte Trinité y établissait sa demeure de prédilection. Ainsi, sur la terre souillée de toutes les iniquités l'Esprit prenait possession delà race des élus.
Ce que l'Esprit Saint a fait au commencement, il n'a cessé depuis de le faire chaque jour. Chaque jour, « se levant de grand matin {Jérém. xxv, 4) », il s'élance à la conquête des âmes et murmure à l'oreille du cœur les paroles de la vie et du salut. Les obstacles ont souvent changé de nature ; mais ils sont toujours nombreux et ardus, et les forces humaines seraient impuissantes, si l'Esprit n'était là pour attirer, de sa douce et efficace énergie, les hommes vers le Père céleste.
La blessure infligée à l'homme par le péché originel était trop profonde pour que, même cicatrisée par le baptême, elle lui laissât la pleine liberté de ses mouvements spirituels. La concupiscence est comme une bête féroce qu'un
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dompteur imprudent a déchaînée et qui s'élance en aveugle sur la proie que lui montre son instinct. Il faut que le chrétien soit toujours prêt à réprimer ses saillies, à repousser ses assauts, à imposer silence aux rugissements de la chair, à parer les coups secrets du démon qui épie l'instant où, sous l'effort de la tentation, il chancelle, pour le pousser rapidement et l'abat-tre. Et si l'homme régénéré dans les eaux du baptême n'a pas assez de ses forces naturelles pour triompher constamment dans cette lutte sans merci, à plus forte raison l'infidèle, sur qui pèse de tout son poids le péché héréditaire, sera-t-il impuissant à sortir de là sans blessures. Mais supposons que tous ces obstacles soient supprimés : une infranchissable barrière se dresserait encore entre Dieu et nous.
Abandonnée à ses propres forces, la créature est capable de pécher ; le péché est la défaillance de cette liberté imparfaite qui nous permet le choix non seulement,comme à Dieu, entre tel ou