CHAPITRE VII. LA JUSTIFICATION
Useraient inutilement pour faire avancer l'homme d'un pas sur cette voie céleste. Concéder à la créature la fin même de Dieu, c'est une libéralité dont Dieu seul est capable ; la faire entrer et la maintenir sur oet étroit sentier qui conduit à la porte du ciel, c'est aussi Fœuvre de Dieu, de sa puissance et de sa bonté.
Mais s'il en est ainsi, quel est donc le rôle de l'homme dans ce travail ardu de la justification? Ce rôle est beau encore, mais essentiellement modeste : l'homme a le mérite de sa bonne volonté et de sa libre coopération aux desseins de Dieu. x4.insi sont préservés de toute atteinte les droits divins dans cette action éminemment surnaturelle ; ainsi la créature est maintenue dans l'humilité et la dépendance qui conviennent à sa condition. Lucifer avait péché par orgueil, et l'espoir d'être comme des dieux avait séduit Adam et Eve. Ce que l'orgueil avait perdu, l'humilité seule pouvait le réparer ; à cette vertu devait revenir la part
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principale dansla restitution de l'image de Dieu en chaque individu. Toute initiative indépendante dans l'œuvre dé la justification est physiquement impossible à l'homme ; mais cette impuissance lui est souverainement utile, car en tout esprit raisonnable elle coupe la racine même de l'orgueil.
La grâce est le sujet d'un redoutable mystère. Les diverses latitudes du globe terrestre ont des climats divers, et le sol de la Laponie norvégienne n'est pas fécond comme celui des terres chaudes du Mexique. Dans un même pays l'extrême fertilité touche parfois à l'aridité complète : ainsi, au pied de la Sierra Nevada, s'étend le jardin fleuri où s'élève Grenade, et les sables du désert africain enserrent la riante vallée du Nil. Sur les flancs du Chimborazo, Humboldt et Bonpland observaient toute la série des zones végétales, depuis les palmiers et les fougères arborescentes des tropiques jusqu'aux mousses et aux lichens des régions