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CHAPITRE VII. ' LA JUSTIFICATION

de ses frères. Ainsi, quand Dieu terrassait saint Paul sur la route de Damas et transformait le persécuteur en apôtre, il atteignait à travers l'âme du converti les gentils innombrables que Paul évangéliserait. Lorsque saint François- Xavier renonçait à la gloire mondaine pour embrasser la vie parfaite, c'était, plus encore que lui-même, le Japon et l'Hindoustan qui étaient en cause.

L'opération divine n'est pas toujours également efficace en toutes les âmes, et à côté de succès merveilleux elle rencontre d'invincibles résistances. Pourtant, dans ses trésors célestes. Dieu possède des grâces auxquelles nulle volonté, si obstinée qu'elle fût, ne résisterait ; mais il n'est pas tenu de choisir celles qui seraient pratiquement victorieuses et de fait il ne les choisit pas toujours. Pas une âme n'échappe aux rayons de la bonté divine ; mais Dieu ne proportionne pas nécessairement ses dons à la mauvaise volonté de l'homme qu'il entend con-

vertir ; il n'accepte pas les conditions qui lui seraient ainsi implicitement posées par le pécheur, et au lieu de donner l'assaut, il se retire fréquemment, quand on lui ferme la porte. Il envoie à l'homme des grâces vraiment suffisantes pour entamer l'œuvre de sa conversion ; c'est à l'homme d'en profiter et d'acquérir ainsi quelque titre à de nouvelles faveurs de la bienveillance divine. Si le Seigneur n'avait conféré à ses créatures que des grâces prévues efficaces, il eût constitué par là même l'humanité dans un état de choses qui, sans détruire radicalement la liberté, en aurait pourtant corrigé toutes les défaillances. L'homme serait devenu pratiquement impeccable, et toutes les institutions divines, qui ont pour but de guider et de redresser l'exercice de la liberté, ayant perdu toute raison d'être, se seraient écroulées sous le poids de leur inutilité. Or^ tel n'est pas le plan que Dieu se proposait. Depuis la chute originelle, l'homme doit gagner son pain à la

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