‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 58 sur 129 · CHAPITRE VIII. — l'Église · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — l'Église

dernière heure de son existence, ce qu'il était à la première.

Unité de foi, unité de culte, unité de gouvernement, voilà le triple lien qui réduit en un seul corps, le corps du Christ, les hommes de toute langue et de toute race qui entrent dans ce royaume. Sous la direction des pasteurs, successeurs des Apôtres et se rattachant à eux par une chaîne ininterrompue, se conserve en lui, pure et sans mélange d'erreur, la doctrine que les Apôtres avaient recueillie des lèvres de leur Maître, pour laquelle ils ont lutté et ils sont morts.

Ce royaume est visible, et souvent il contraint, pour ainsi dire, les regards de ceux mêmes qui ne le cherchent pas ou qui voudraient s'en détourner. Quand on parcourt les vallées de la Sabine, après avoir dépassé Frascati et avant d'atteindre Subiaco, on a presque toujours devant soi quelque village qui, au temps des Barbares ou dps guerres féodales, s'est

transporté sur la cime d'une montagne et y vit encore aujourd'hui, tout iiérissé . de murailles désormais inutiles. L'Eglise est une ville bâtie au sommet d'une montagne et que tous les voyageurs aperçoivent de loin ; pour ne pas la voir, il faut fermer les yeux. Si en certains pays, elle échappe encore aux regards de beaucoup d'infidèles, ceux-ci ne seront pas condamnés pour n'être pas entrés dans une Eglise qu'ils ignoraient, et l'Esprit Saint peut agir directement en eux, les justifier par sa grâce et la volonté de faire tout ce que Dieu leur demande. Alors ils appartiennent non au corps visible, mais à l'âme de l'Eglise.

La tête de l'Eglise, c'est Jésus, à qui Dieu a donné, en retour de la prière sacerdotale qu'il lui adressa sur la croix, tous les peuples et toutes les nations de la terre en héritage. Mais de même que Jésus s'est substitué des sacrificateurs visibles chargés d'immoler en son nom la victime sans tache, ainsi il a placé a

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